Finalement, ils sont contents. Ils annonçaient le pire (des ventes en chute libre), mais, à l'arrivée ils annoncent, presque tous, des chiffres en hausse. Ainsi vont les patrons médiatiques de la grande distribution. A tel point qu'on se demande s'ils sont, sincérement, honnêtement, bousculés aujourd'hui, par les nouvelles habitudes des consommateurs, leurs nouveaux comportements, ou s'ils sont de parfaits manipulateurs, annonçant la catastrophe, pour mieux faire passer leurs messages publicitaires. Souvenez-vous, il y a une semaine exactement, ici-même sur France Inter, Serge Papin, le patron de Systéme U, affirmait que "pour la première fois, les Français rognaient sur les jouets, à Noël". Il avançait des reculs de 15%, et promettait, du coup, des promotions, des rabais "importants" pour liquider les stocks. Noël est passé, les grandes enseignes font leurs comptes et, surprise! Elles ont plutôt le sourire. "Les 3 derniers jours ont sauvé Noël" affirme Michel-Edouard Leclerc, des magasins du même nom. "Il y a eu un rush de dernière minute" selon lui, constatant que Noël, cette année, s'est avéré être idéalement placé pour les grandes surfaces: les consommateurs ont eu samedi, dimanche et lundi pour consommer et préparer leur réveillon. Cette confirguration a, manifestement, accentué la tendance d'achats de dernière minute. Résultat : chez Intermarché par exemple, lundi a été un jour incroyable, avec des ventes 3 à 4 fois plus élevés qu'un lundi ordinaire. La chaîne affirme qu'elle devrait afficher, au final, un chiffre d'affaires en hausse de 6 à 7%, par rapport à 2011! "L'esprit festif l'a emporté sur la crise" : voilà l'explication avancée. Plus prosaïquement, ce sont les promotions qui ont attiré les clients. Sur les jouets, il n'était pas rare d'obtenir un rabais de 50%. Et là, évidemment, on se dit que le consommateur, averti, a tout simplement attendu ces "soldes avant l'heure" pour acheter. Mais, les grandes enseignes ont aussi attiré les clients avec du... caviar, cette année. Chez Intermarché, des boîtes de 25 grammes étaient vendues 19,95 euros. Elles étaient même gratuites puisque totalement remboursées avec la distribution de bons d'achats. Les professionnels de la distribution constatent, que les consommateurs ont continué à acheter du fois gras, du champagne, des huîtres, mais, par ailleurs, ils ont choisi des produits moins chers, plus banals, pour le reste du repas. Ils ont aussi -autre tendance lourde- délaissé les plateaux et menus préparés, pour privilégier le fait-maison, jugé moins cher.

Négocier (1). Le FMI conseille à la France d'abondonner son objectif de déficit pour 2013. L'organisation internationale a conseillé, hier, à Paris d'aller négocier avec ses parteniares européens, un délai supplémentaire pour réduire son déficit à 3% du PIB. D'une façon générale, le FMI s'inquiète des politiques d'austérité menées en Europe, qui poussent le continent dans la récession. Il estime que la France, avec une croissance très faible, ne pourra pas tenir ses engements. Et, plutôt que de prendre de nouvelles mesures d'économies pour y arriver, elle doit, donc, laisser filer son déficit.Négocier (2). A Washington, le secrétaire au Trésor prévient: le plafond de la dette publique américaine sera atteint, lundi prochain, 31 décembre. Tim Geithner va mettre en place des "mesures exceptionnelles" de financement pour éviter le défaut de paiement du pays mais il dit ne pas savoir combien de temps elles permettront de "tenir". C'est une manière, évidemment, de remettre la pression sur le Congrés, en pleine négociation pour éviter le "mur budgétaire", c'est-à-dire le déclenchement automatique de hausses d'impôts et de baisse des dépenses, aux Etats-Unis.

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