Par Bruce de Galzain

C'est un appel très sérieux lancé à chacun des candidats à la présidentielle, sans réponse pour l’instant ! Le syndicat d'avocat d'entreprises en droit social, Avosial, leur a écrit une lettre dans laquelle il s'inquiète des difficultés à faire reconnaitre la validité des licenciements économiques. C'est vrai, de plus en plus de plans sociaux sont annulés par la justice alors que, jusque là, seuls des dommages et intérêts étaient versés aux licenciés qui contestaient puis gagnaient leur procès.

Dorénavant les juges se donnent le pouvoir de faire annuler l'ensemble d'un plan social ce qui pourrait être à l'origine d'une révolution aux conséquences économiques catastrophiques selon le syndicat d'avocats, la France perdrait son attractivité et ne pourrait plus créer d'emploi, c'est ce qu'écrit dans sa lettre le patron du syndicat. Au téléphone hier soir, il était plus mesuré et réalisait que dans le contexte actuel sa lettre pouvait sembler incorrecte mais l'avocat veut éviter toute démagogie dit-il. Et là on ne peut que lui donner raison : les candidats se pressent dans les entreprises avec leur baguette magique qui n'a de magique qu'un délai jusqu'à la présidentielle ; le ministère du Travail selon la CFDT passerait même des coups de fils pour éviter les licenciements avant la date fatidique du mois du mai ; François Hollande lui va déposer une proposition de loi aujourd'hui selon nos informations pour interdire les fermetures d'usines mais encore faudra-t-il qu'il soit élu pour la valider.

La réalité aujourd'hui c'est que le licenciement est de plus en plus complexe, une réalité qui se lit dans les chiffres : alors que le chômage augmente, les licenciements économiques ne cessent de baisser - 4% sur un an ! Ce qui pourrait donner raison à notre avocat en droit social. Sauf que les licenciements sont contournés car ils sont complexes certes mais aussi parce qu’ils coûtent cher et que les employeurs ont bien d'autres moyens pour se séparer de leurs salariés comme les plans de départs volontaires et la rupture conventionnelle qui fait des ravages. Pour la CGT elle deviendra même le premier motif de licenciement dans les années qui viennent. Car les courbes s'inversent : il y a plus de rupture à l'amiable que de licenciements économiques, 14.000 licenciements le mois dernier, 30.000 ruptures conventionnelles, c'est déjà deux fois plus !

Bernard Thibault cherche à se faire entendre en pleine campagne électorale...

Dans un entretien à L'Humanité ce matin, le patron de la CGT revendique sa volonté de peser dans les débats : « Considérer que les syndicats doivent se mettre en retrait, c'est ouvrir un boulevard aux organisations patronales » dit-il. La CGT appelle à la grève contre les mesures d'austérité mercredi en France et en Europe. La CFDT, elle, ne veut pas donner de caractère politique à cette journée.

Le G20 Finance, au Mexique, se dit prêt à renflouer le FMI mais après la création du Mécanisme Européen de Stabilité censé protéger la zone euro. Aucune décision ne devrait être prise à Bruxelles en fin de semaine, les Allemands veulent se donner tout le mois de mars pour augmenter ou pas les ressources du MES.

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