Il a pris le verre, posé devant de lui, et a dit : « aujourd’hui, il est au moitié plein ! ». L’image, pour illustrer un propos, est d’une extrême banalité, mais quand c’est Nouriel Roubini –l’économiste présenté comme celui qui avait prédit la crise des subprimes- quand c’est lui qui utilise cette métaphore -lui, le premier des pessimistes, annonçant toujours une catastrophe- quand c’est lui donc, qui reconnaît que la situation économique s’améliore : c’est un petit événement. C’était hier matin, ici à Davos. L'une des premières tables rondes organisée. Qui a, ensuite, été beaucoup commentée. La situation s’améliore donc : les entreprises vont mieux, la peur d’une rechute de l’économie (« le scénario en W ») s’est dissipée, et grâce aux pays émergents, l’activité repart. La salle s’est rassurée, avant d’entendre la description de l’autre moitié du verre, la moitié vide. Pour Nouriel Roubini, plusieurs risques -et non des moindres- pèsent toujours. Bien sûr, la crise de la zone euro. Mais, aussi le décrochage des pays développés (l’Europe, les Etats-Unis, le Japon). « 10% a-t-il dit, c’est le taux de croissance de la Chine. Et 10%, c’est aussi le taux de chômage aux Etats-Unis ! Cet écart ne pourra pas durer éternellement sans guerre des monnaies, guerres commerciales, ou retour du protectionnisme, pense-t-il. Mais, le risque principal d’aujourd’hui –et ici, beaucoup de patrons interrogés le disent- c’est l’augmentation du prix des matières premières agricoles et de l’énergie. Tout le monde est frappé. Les pays développés, qui imposent, déjà, une difficile cure d’austérité à leur population, et où le chômage reste élevé (on pense, évidemment, à la France). Mais aussi dans les pays émergents : la Chine, l’Inde. Et ailleurs : la Tunisie, l’Egypte, d’autres encore. La crise financière, devenue crise économique puis crise sociale, peut virer à la crise politique ! Cette table ronde, qui avait bien commencé, a, du coup, changé de ton. Et c’est le patron d’une grande agence de publicité anglo-saxone qui a, finalement, rappelé que les inégalités de revenus aux Etats-Unis, sont aujourd'hui aussi grandes qu’en 1929. Avant de se demander où passe l'argent des plus riches. Ce sont des propos qu'on ne s'attendait pas forcément à entendre ici! Davos, 2ème jour. Après Dimitri Medvedev, hier, Davos accueille aujourd'hui Nicolas Sarkozy. Et pour lui, ce sera la 2ème prestation en 2 ans, ici. Cette fois, c’est en tant que président du G20 qu’il intervient, pour un jeu de questions-réponses avec les grands patrons présents. Ce sera à la mi-journée. On se souvient que l’année dernière, leur accueil avait été plutôt froid. Nicolas Sarkozy, ici, a également prévu de rencontrer le président indonésien, et le milliardaire Bill Gates, fondateur de Microsoft. Hier, c’est le Président russe Dimitri Medvedev qui est intervenu. Il a évoqué, évidemment, l’attentat de l’aéroport de Moscou. Pour lui, s’il a été perpétré à cette date, c’est précisément pour l’empêcher de venir ici. Venir ici défendre l’ouverture de son pays, aux investisseurs étrangers.

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