Il n’en revient pas lui-même. Mercredi soir, il a dansé avec Mick Jagger. C’était dans l’une des nombreuses soirées, organisées à Davos, une fois les « tables rondes » et autres conférences terminées. Une fois, les rendez-vous d’affaires, achevés. Dans le genre, la soirée Google est l’une des plus prisées… mais là, c’était dans un piano-bar de la station. Le « Rolling Stone » a parlé en français, et « dansé comme un Dieu », raconte-il. Une autre fois, c’est avec un patron du CAC 40 qu’il a partagé la piste de danse, mais là, il refuse de donner son nom. Celui qui raconte, comme ça, ses soirées, est quelqu’un qui, plus largement encore, n’en revient toujours pas d’être, ici, au forum de Davos. Parmi les « grands » de ce monde.

Olivier Oullier est professeur à l’Université d’Aix-Marseille. 37 ans. Il applique les neurosciences et la psychologie, à l’économie. Et particulièrement, aux politiques publiques. C’est une spécialité (disons) encore rare en France. Il se penche, par exemple, sur les politiques de prévention de l’obésité chez les adolescents (quel est le bon message à faire passer). En 2008, des banques l’ont approché, après l’affaire Kerviel, pour le faire travailler sur les qualités du « bon trader ». Ses travaux ont été appréciés, l’ont fait connaître… et le World Economic Forum l’a repéré. Les responsables de Davos l’ont sélectionné pour être l’un des 190 Young Global Leader de l’année : les « leaders de demain » si vous préférez. Les critères sont très précis. La sélection impitoyable. Le jeune universitaire français a été retenu, mais il avoue qu’il a caché cette distinction, pendant plusieurs mois, dans sa fac parce « Davos n’a pas une bonne image » dit-il. Ici, en tout cas, il est « comme un poisson dans l’eau » : il salue tout le monde, connaît déjà tous les rites du Forum, et les moindres recoins du Centre des Congrès. Il participe aussi à ces « private breakfast » (comme il dit), « private sessions », ou, sous couvert d’une confidentialité totale-, il échange ses impressions, ses analyses avec de grands dirigeants d’entreprises. Il est manifestement grisé par ce qui lui arrive. Mais, il le jure, lundi prochain, il retrouvera ses étudiants de 2ème année, avec le même plaisir.

Cameron hostile. Le Premier ministre britannique n’y est pas allé de main morte, hier, à la tribune du Forum. Il a redit son hostilité envers la Taxe sur les Transactions Financières : « c’est une folie » a dit Cameron, qui, comme l’année dernière ici, a appelé, à nouveau, à moins de régulation et de règlements en Europe (ils entravent la croissance), selon lui. Sur l’euro, son constat est cinglant : « une monnaie unique, pour réussir, doit avoir une banque centrale qui soutient le système financier, une intégration économique approfondie et un système d’entraide budgétaire et financier efficace... l’Euro n’a rien de tout ça » conclut David Cameron.

Grèce. Ici à Davos, on parle beaucoup de la Grèce, et des négociations en cours, à Athènes, avec les créanciers privés du pays : la situation inquiète. Dans un Journal autrichien, ce matin, le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Junker, estime que les pays qui détiennent de la dette grecque (la France notamment) devraient, eux aussi, accepter d’en effacer une partie.

Nomination. Enfin ici, ce sont les journalistes qui sont allés apprendre à Jean-Claude Trichet que sa nomination au Conseil d’administration d’EADS, la maison d’Airbus, était, désormais, officielle. « Merci pour l’info » a dit l’ancien président de la Banque Centrale Européenne.

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