"La France encore dégradée, voici ma pré-réaction à la décision de Moody's". C'est l'économiste Marc Touati qui a posté ce message sur Twitter, vendredi après-midi.

Un lien renvoyait le lecteur vers un court texte, dans lequel il expliquait les raisons de cette nouvelle dégradation, une "conséquence logique", écrivait-il, du "non-respect des engagements du gouvernement français en matière de réduction des déficits et des dépenses publiques, mais aussi de retour de la croissance et de baisse du chômage. La suite, on l'a connait. Vendredi soir, après la fermeture de Wall Street, Moody's, contrairement à la rumeur insistante qui circulait, et contre tous les pronostics, n'a pas dégradé la France. L'agence de notation a maintenu son "Aa1", assorti d'une perspective négative. Marc Touati s'est, évidemment, fait chambrer sur Twitter mais, hier soir, il maintenait son analyse: "je ne me suis pas basé sur la rumeur, mais sur le bon sens!" explique-t-il. "D'ailleurs, dans le commentaire de Moody's qui accompagne sa décision, poursuit-il, tous les arguments pour une dégradation sont là: poursuite de la perte de compétitivité de l'économie française et risques persistants sur les comptes publics. La croissance reste atone, et les marges de manœuvre politiques sont réduites. Pourquoi, dans ces conditions, Moody's n'a pas dégradé la France? Pour Marc Touati, l'agence a, finalement, accordé -"une dernière fois", selon lui- le bénéfice du doute au gouvernement français. C'est l'annonce du "Pacte de responsabilité" qui a donné un sursis au gouvernement, même si Moody's écrit clairement son scepticisme. "C'est une décision politique" conclut l'économiste, "le résultat d'une forte pression" qui a fait plier l'agence. Y-a-t-il eu négociation avec Moody's? Avez-vous donné plus de détails sur le Pacte, que ceux connus publiquement pour empêcher une dégradation?: ces questions ont été posées à Pierre Moscovici, vendredi soir, juste après l'annonce de la décision de l'agence. C'était à Davos. Le ministre avait convié les journalistes français à une conférence de presse, improvisée dans l'hôtel où Christophe de Margerie, le patron de Total organisait un dîner, auquel était convié le ministre. La salle était sinistre, dominée par une odeur de fondue brûlée. Pierre Moscovici a répondu "non" aux 2 questions. "En aucun cas nous n'avons négocié quoique soit. Les agences ne négocient pas, d'ailleurs". "A ma connaissance (a encore dit, Pierre Moscovici), il n'y a pas eu de contacts (avec Moody's) ces derniers jours". En aparté, le ministre dira: "j'ai été soulagé quand j'ai appris la décision. Je ne me voyais pas devoir commenter une dégradation de la France, après avoir passé ma journée, ici à Davos, à vanter les mérites de notre politique...".

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Dents. Unilever va commercialiser un dentifrice "pour les hommes". Ce sera, semble-t-il, le premier du genre, lancé en France. C'est "Les Echos" qui nous donne l'info, ce matin. Il sera commercialisé sous la marque "Signal White Now Men". Son argument de vente: la blancheur. Les hommes auraient des dents plus tachées que les femmes parce que, selon Unilever, ils fument plus, boivent plus d'alcool et de café. La cible, ce sont les 25/49 ans, parce qu'ils s'intéressent de plus en plus aux produits hygiène et santé. Tous ces arguments feront que ce "dentifrice pour hommes" sera vendu 5% plus cher.

Dedans. L'ISF, l'impôt sur la fortune, a rapporté un peu plus que prévu, l'année dernière. 4,4 milliards d'euros, au final. Pour la majorité, c'est le signe qu'il n'y a pas d'exode fiscal massif des gros patrimoines.

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