La question a été posée dans les premières minutes, hier, de l'audition de Jérome Cahuzac, devant la Commission d'enquête parlementaire qui travaille sur le scandale qui porte son nom. Pas surprenant qu'elle soit posée si vite: elle est au coeur, finalement, de la mission de cette Commission, qui cherche à savoir si, au sein du gouvernement et des services de l'Etat, on a cherché à cacher la vérité, chercher à sauver Jérôme Cahuzac. La question posée, par le rapporteur socialiste Alain Claeys portait sur cet article du Journal du dimanche , publié début février, dont le titre était "Les Suisses blanchissent Cahuzac", et qui expliquait que la demande d'entraide administrative, adressée aux autorités suisses, concluait que le ministre du budget n'avait pas de compte à la banque UBS. Ce moment de l'affaire est important parce que cet article a bien failli mettre fin à l'affaire. Médiapart passait du statut d'accusateur à accusé, Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, demandait qu'on cesse l'acharnement médiatique contre le ministre. Cet article a ébranlé bien des convictions... jusqu'au Procureur de la République de Paris qui enquêtait sur l'affaire. Lors de son auditionn, devant la Commission Cahuzac, François Molins a avoué que la lecture du papier du JDD, ce dimanche matin, chez lui, oui, l'avait ébranlé: "je me suis dit, à ce moment précis et si je me trompais?". Avant de se ressaisir. De reprendre, le lendemain, lundi, son travail qui a conduit, finalement, à la démission du ministre. Dans cet article, le JDD cite "l'entourage du ministre de l'Economie", comme source. Pierre Moscocivi s'est défendu, vigoureusement, d'être celui qui a informé le journal. Dans un autre article sur cette affaire, le Journal du Dimanche expliquera, plus tard que 4 personnes détenaient l'information, et que l'une d'elles a été son informateur: Pierre Moscovici, donc. Son directeur de cabinet Rémy Rioux, le Directeur général des Finances publiques Bruno Bézard. Et le Procureur de la République de Paris François Molins. Les 2 fonctionnaires de Bercy, interrogées par la Commission ont nié, avoir parlé aux journalistes du JDD. Un "épisode détestable" a même dit Bruno Bézard. Il ne reste, donc, plus personne.... ou plutôt si: Jérôme Cahuzac lui-même! D'où la question posée hier: qui a informé le JDD? Réponse de l'ancien ministre "je n'ai parlé à personne du contenu de la réponse des Suisses". Puis cette phrase, qui lui ressemble tant, lâchée après un petit silence: "je me suis beaucoup posé la question de savoir qui avait pu conduire une démarche, dont je ne jugeais pas dans l'instant, qu'objectivement elle permettait de m'aider". Puis: "je n'ai pas de réponse". Quelqu'un ment. Ou continue de mentir. Faillites. Pour les faillites bancaires, l'Europe se met à l'heure chypriote: c'est comme ça qu'on peut traduire l'Accord conclu, cette nuit à Bruxelles, par les ministres européens des finances. Il concerne la manière dont l'Europe procèdera, à l'avenir, lors d'une faillite bancaire. Premier point: la France a obtenu que le MES (le Fonds européen de secours) puisse venir, directement, en aide aux banques en difficulté de la zone euro. L'autre avancée de la nuit généralise ce qui a été fait à Chypre, il y a quelques mois: en cas de faillite d'un établissement bancaire, les "gros" déposants, ceux qui ont plus de 100 mille euros sur leur compte seront mis à contribution.

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