Presque 2 500 emplois supprimés hier, en quelques heures (et encore, ce n'est que la partie visible, que la partie médiatique): c'était vraiment une "journée noire", hier, pour l'emploi, en France, même si (il faut malheureusement le constater), on est dans la "moyenne" quotidienne des destructions d'emplois attendues, cette annnée. Puisqu'on prévoit entre 600 000 et 1 million de chômeurs supplémentaires, fin 2009. Hier, tous les secteurs ont été touchés : la distribution, les pneumatiques mais aussi l'électronique, et plus précisément le secteur des semi-conducteurs... des "puces électroniques", pour faire court. C'est celui-là qui nous intéresse, ce matin. Parce que ses difficultés contestent l'idée que si on perd des emplois dans l'industrie dure, traditionnelle, notre "salut" viendra des nouvelles technologies, des secteurs à forte valeur ajoutée. Le marché mondial des semi-conducteurs vit, en ce moment, une crise sans précédent. Un recul des ventes de 5%, l'année dernière. Et un "plongeon" anticipé pour cette année : -25% ! Les ordinateurs, les téléphones portables et les voitures (bourrées de composants électroniques) se vendent mal, c'est le secteur de semi-conducteurs qui trinque. Résulat en France : Soitec, NXP, FCI, STMicroelectronics (j'en oublie évidemment) ont annoncé d'importantes suppressions d'emplois, ces derniers mois. Et hier, c'était au tour d'Altis, dans l'Essonne de réduire d'un tiers ses effectifs : 400 postes supprimés et un avenir très incertain pour le millier de salariés restant. En fait, ce marché mondial de semi-conducteurs, on peut le découper en deux. Il y a, d'un côté, les "puces de masse", celles qu'on fabrique par millions, dizaines de millions. Pour les ordinateurs, les téléphones. Ce sont Intel, AMD qui dominent ce segment-là : des "Américains qui font tout fabriquer en Asie". Eux, peuvent espérer retrouver la santé, une fois la crise passée. L'autre pan de ce marché des semi-conducteurs, c'est (si j'ose dire) les "puces de niches", celles dédiées à l'automobile, à l'aéronautique, aux transports et à l'énergie. C'est ce créneau qu'occupe la France, et plus largement l'Europe. C'est celui-là qui pourrait disparaître avec cette crise. Le gouvernement français -qui parle de secteur "stratégique"- promet, pour très vite, des mesures de soutien. EDF lance un grand emprunt auprès des ménages français. L'idée était dans l'air, Pierre Gadonneix, le patron d'EDF confirme, ce matin. Ce grand emprunt public, c'est le premier du genre en France, depuis une vingtaine d'années. EDF espère récolter plus d'un milliard d'euros, au total, auprès des ménages français, avec un taux garanti bien supérieur à celui du Livret A, entre 4 et 5% annuel, sur 5 ans (selon "Les Echos"). Pour l'électricien français, l'opération doit permettre d'alléger sa dette, qui a gonflé après les rachats de British Energy et de Constellation, aux Etats-Unis. Thierry Morin défend son "parachute doré". Thierry Morin, c'est l'ancien patron de Valéo, parti avec 3,2 millions d'euros. Dans "Le Figaro", ce matin, il justifie ses indemnités de départ, "pas illogiques, dit-il, après 20 ans passés dans l'entreprise". Il révèle qu'il a proposé, au Conseil d'admnistration d'en rembourser une partie, ce que le Conseil de Valéo a refusé, s'en remettant au vote des actionnaires. Enfin, Thierry Morin nie avoir installé des micros "cachés" pour espionner les administrateurs : "une histoire de cornecul" dit-il.

liens

Le blog de Gilles le Blanc (qui m'a aidé pour cette chronique)

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.