"C'est l'effet Cannes" expliquait un député, la semaine dernière. Un "effet Cannes" qui n'avait rien à voir, directement avec le cinéma, et qui se faisait ressentir d'abord, ici, à Paris. Cet "effet Cannes", traduisons, tout de suite: c'est l'accélération du lobbying intense que mène Canal+, depuis quelques mois, pour obtenir une baisse de son taux de TVA. Résumé rapide: le 1er janvier prochain, les taux de TVA en France vont être modifiés. On devrait passer à régime à 3 taux tout rond: 5, 10 et 20%. Contre 5,5, 7 et 19,6% actuellement. La grande bataille aujourd'hui concerne, donc, tous les secteurs actuellement, à 7%. Par tous les moyens, ils veulent éviter de grimper à 10%. Préfèreraient plutôt obtenir (on les comprend) une baisse, à 5%. Un député le confirme: "depuis dès mois, du coup, c'est le grand défilé dans mon bureau: l'horticulture, le thermalisme, le logement social, les transports... tous viennent plaider leur cause". Et à ce petit jeu, Canal+ est très bon. Les responsables de la chaîne cryptée frappent à toutes les portes: à l'Assemblée nationale, à Matignon, à l'Elysée, au ministère de la Culture. Et sont reçus. A Cannes, où ils sont comme chez eux pendant 15 jours, ils ont poursuivi le travail, bien évidemment, et un acteur du dossier, resté lui à Paris, a senti la "pression" remonter jusqu'à lui. Canal+ met en avant ses engagements dans la production cinématographique et audiovisuelle pour réclamer que son taux de TVA soit ramené à 5%. Un argument classique mais qui commence à payer, semble-t-il. Un observateur privilégié du dossier a noté que la ministre de la Culture, Aurélie Fillipetti, qui n'évoquait pas la question il y a quelques semaines, en parle désormais, et pourrait, finalement, plaider en faveur de Canal+. A l'Assemblée, au sein du groupe de députés, chargés de faire des propositions, on sent, aussi, une évolution. "Il ne s'agit que de 150 millions d'euros, après tout ce n'est pas décisif!" dit l'un d'eux. La semaine dernière, un article du Figaro affirmait que cette baisse de TVA, pour Canal+, se profilait bel et bien, au grand désespoir des responsables des chaînes gratuites, taxées elles aujourd'hui à 19,6, et demain à 20%. Certains d'entre eux ont appelé pour jurer que ce n'est pas eux qui avaient donné l'info, pour mieux faire capoter le projet. "Au point où en est dans ce dossier, explique un député, c'est François Hollande, lui-même, qui tranchera".

Pékin express. Information des Echos, ce matin: Pékin engage une procédure pour dumping contre plusieurs groupes chimistes, notamment le franco-belge Solvay, accusés de vendre à perte. C'est la 2ème procédure de ce genre lancée par les autorités chinoises en 15 jours. La première visait le secteur de l'acier. Pour certains, ce sont autant de mesures de rétorsion contre Bruxelles qui souhaite augmenter les droits de douanes des panneaux solaires chinois, et enquêter sur les pratiques des équipementiers télécoms chinois, tous accusés, là encore de dumping. A Berlin, Angela Merkel, défendant les exportations allemandes, s'inquiète. La Chancelière promet de tout faire pour éviter une "guerre commerciale" entre l'Europe et la Chine.

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