Une brève, seulement, le Parisien. Une page complète dans Les Echos. Dans les Echos, le patron du Parisien s'explique. Celui des Echos, lui, a choisi... Le Figaro! Quand la presse parle d'elle-même, ça donne ce va-et-vient, au lendemain de cette annonce qui a surpris beaucoup de monde: LVMH, qui détient déjà Les Echos, s'apprète à racheter Le Parisien. On savait qu'il était "à vendre", on n'imaginait pas, en revanche, que le géant du luxe pouvait être intéressé. A la bourse, les analystes du secteur ne comprennent pas d'ailleurs. Ils ne voient pas le "bénéfice stratégique" que rapportera cet achat à LVMH: pourquoi ajouter ce journal (populaire) aux grandes marques (de luxe) du groupe? Quelles synergies? Bernard Arnault, en son nom propre aurait pu le racheter, mais son groupe LVMH, c'est plus contestable. D'ailleurs, c'est déjà annoncé, au terme de la transaction, Les Echos et Le Parisien n'auront aucun lien, "pas de synergie éditoriale". Pas, non plus -c'est juré- de plan social. En tout cas dans les rédactions. La réunion des 2 journaux devra permettre 3 millions d'euros d'économies par an, apprend-on quand même au passage. L'explication fondamentale de cette opération, les patrons des 2 journaux concernés la résument, finalement, ainsi: la taille critique. Avec la perte -phénoménale- de valeur que connaît le secteur de la presse (Le Parisien, ses propriétaires, la famille Amaury, en voulaient grosso modo 200 millions, il y a quelques années. Elle le vendrait pour moins de 50 milions, aujourd'hui), avec la crise donc, un vaste mouvement de concentration s'est engagé dans la presse française: "Le Monde et l'Obs" (avec le trio Bergé, Niel, Pigasse), "Libération et L'Express" (sous la férule de Patrick Drahi). Les Echos, seul, n'avait pas cette "taille critique". Ni Le Parisien, pourtant adossé à l'Equipe. Dans la bouche de Francis Morel, le patron des Echos, promis à diriger l'ensemble, ça donne: "les 2 titres sont complémentaires. Leur réunion va permettre de capter davantage d'opérations publicitaire (d'ailleurs, Le parisien n'est pas "populaire", mais "middle market". La pub donc, sur le papier, mais aussi pour le numérique (Morel, lui, dit le "print et le "digital"). De fait, la régie pub semble bien au coeur de l'opération. A ce stade -mais pour combien de temps?-, on comprend que la future régie publicitaire commune gèrera aussi L'Equipe, qui n'est, pourtant, pas concerné par l'opération.

Quelle France? 2 études, publiées aujourd'hui, pointent les forces et les faiblesses de l'économie française. Elle reste attractive, d'abord. Record, l'année dernière, du nombre d'investissements étrangers, en France, selon le cabinet EY. Il s'agit très souvent d'extensions, plutôt que de nouvelles implantations. Conséquence, ces investissements ont moins créé d'emplois que ces dernières années. La France "à la recherche de ses parts de marché perdues": ça, c'est le titre d'une étude que publie le Conseil d'Analyse Economique, ce matin. Le faible nombre de nos entreprises exportatrices, notre spécialisation par pays et par secteur ne sont pas en cause, selon cette étude mais plutôt le rapport qualité/prix des produits français.

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