L'anecdote a été racontée, exactement, comme ça. C'est l'une des milliers de petites histoires, petites phrases lâchées par Nicolas Sarkozy à l'Elysée, devant quelques témoins qui s'empressent de tout répéter. Le Président reçoit une délégation de patrons: c'était ll y quelques mois. Il passe, comme souvent en pareil cas, une partie de l'entretien à dire du mal de Laurence Parisot, la présidente du Medef, avant d'encenser Maurice Lévy, le patron de Publicis. Qui préside, également, l'Association des grandes entreprises françaises, l'AFEP. "Heureusement que j'ai Maurice!" lâche Nicolas Sarkozy. Ce matin, le président-candidat ne dira, peut-être pas la même chose, en apprenant que son fidèle soutien pourrait, involontairement relancer la campagne de François Hollande, sur le thème du salaire des grands patrons. C'est latribune.fr qui a révélé l'information: Maurice Lévy, président de Publicis, s'apprête à toucher, dans les prochains mois, un "méga-bonus" de plus de 16 millions d'euros. 16 187 800 euros, pour être précis. Dans un communiqué, Publicis confirme et justifie. Il s'agit d'une rémunération différée! l'addition de ponctions opérées, chaque année, sur le salaire de Maurice Levy, depuis 2003, et dont la rétrocession, le paiement, en 2012 était conditionnée (1) à la réalisation de certaines performances économiques pour l'entreprise: elles ont été obtenues et (2) au fait, que Maurice Lévy soit encore Président du Directoire de Publicis au 31 décembre 2011: il l'est toujours. Bingo! La somme, 16 millions, fait bondir, évidemment. Mais pas seulement: depuis août dernier, et sa "tribune" publiée dans Le Monde, appelant à une contribution des plus riches au redressement des comptes publics de la France, Maurice Lévy apparaissait comme un grand patron raisonnable, qui avait compris le sentiment d'injustice, exprimé par l'opinion publique. En novembre, il enfonçait le clou, en annonçant qu'il renonçait à la part fixe de sa rémunération (900 mille euros). "Je veux hypermériter ma rétribution" expliquait-il alors. Le malentendu est, aujourd'hui, levé. Maurice Lévy est contre la tranche à 75% proposée par François Hollande, et dans les faits, il reste fidèle à sa ligne. Dans cette fameuse tribune du Monde d'août dernier, il précisait bien ceci: "j'ai toujours considéré que la grande majorité des dirigeants méritaient leur rémunération. Et pour certains, plus encore".

Retard. On commence avec cette promesse de la SNCF: elle va mieux informer et mieux traiter ses clients en cas de retard de ses trains. Guillaume Pepy, le patron de la SNCFprésente, tout à l'heure, ce qu'il appelle sa "garantie voyage". 6 engagements, nouveaux ou renouvelés. En gare, par exemple, en cas d'annulation d'un train ou en cas de retard annoncé de plus d'une heure, la SNCF garantira, à l'avenir, le report ou le remboursement "immédiat et intégral" du billet. Nouveau également: en cas de "suréservation", autrement dit, si, dans un train, on se retrouve sans place assise, on sera indemnisé: de 10 à 30 euros. Sur internet, sera publié le niveau de ponctualité de chaque train grande ligne.Inquiètude. L'avenir de 1 600 emplois du Sernam. Le Tribunal de Commerce de Nanterre pourrait accorder un nouveau sursis à l'entreprise, aujourd'hui. Hier soir, Geodis a, finalement, maintenu sa proposition de reprise. C'est la seule en lice mais elle prévoit de ne garder que la moitié de l'effectif.

L'équipe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.