"Ne me citez pas, mais je suis d'accord avec le président de l'eurogroupe". Ainsi parlait, hier soir, un député influent de la Commission des finances, de l'Assemblée nationale. Même prudence, plus forte encore, relevée, hier, en appelant "quelqu'un" (on ne pas en dire plus) à la Commission européenne, à Bruxelles: "c'est du off, mais sachez que sur le fond, ce qu'a dit le ministre néérlandais des finances, qui préside d'eurogroupe, n'est pas très éloigné de ce que nous pensons et préconisons". Voilà l'ambiance aujourd'hui, en Europe et en France, 2 jours après ce qui a été présentée comme une "bourde" du patron de l'eurogroupe. Le Néérlandais a semé la panique sur les marchés lundi, en déclarant que le plan de sauvetage de Chypre, c'est-à-dire la fermeture imposée d'une banque, une ponction massive sur les comptes supérieurs à 100 mille euros, allait devenir la "norme" en Europe, en cas de nouvelle crise. La bourse a immédiatement chuté, les valeurs bancaires, surtout, et il a dû revenir, finalement, sur ses propos. "Il a sans doute été maladroit dans son expression. Il a été mal été compris, mais ce qu'il dit est tout à fait conforme avec ce que prépare l'Europe, aujourd'hui" affirme l'un de ses bons connaisseurs du dossier, qui pense que l'incompréhension de ses propos est venue de la confusion qui a été faire entre le 1er plan de sauvetage, qui ponctionnait les comptes de tous les chypriotes et le second, ccelui de dimanche dernier. "Le premier était mauvais", poursuit cette source, parce qu'il faisait exactement l'inverse de ce qu'il faut faire. Celui de dimanche est "bon" parce qu'il change, enfin, la logique de sortie d'une crise bancaire. Ce ne sont plus les contribuables qui doivent payer (on a assez entendu qu'ils en ont marre de payer pour les banques), mais, dans l'ordre: les actionnaires des banques qui ont pris des risques (et à Chypre, ils étaient très gros), leurs créanciers. Et, si ça ne suffit pas, en dernier recours, les déposants ayant plus de 100 mille euros sur leur compte (en dessous, les dépôts restant garantis). "Dans l'absolu, s'il fallait procéder au sauvetage d'une banque en France, aujourd'hui, c'est exactement comme ça qu'on procéderait, parce que c'est ce qui est prévu par la Loi bancaire, actuellement en discussion au Parlement français! "Et parce que ce sont aussi les règles, adoptées ou en passe de l'être, au niveau européen", confirme, à son tour, notre source de Bruxelles. Les uns et les autres s'empressant d'ajouter qu'avec une surveillance des banques, aujourd'hui, renforcée, la possibilité de changer leurs patrons s'ils abusent, et avec les "testaments" (c'est comme ça qu'on dit) que les banques doivent rédiger pour expliquer comment les démanteler en cas de crise", le sauvetage de Chypre reste et restera un "cas unique".

Le geste. Pierre Moscovici attend toujours le "geste " de Carlos Ghosn. Le ministre de l'économie s'exprime longuement, ce matin, dans le Parisien-Aujourd'hui en France. Et il revient, notamment, sur l'accord de compétitivité, passé chez Renault. "C'est du donnant-donnant" entre la direction et les syndicats signataires, affirme Pierre Moscovici, qui dit appécier qu'au final, Renault "reste en France". Mais le ministre se montre aussi impatient: "monsieur Ghosn, qui gagne beaucoup d'argent, avait dit qu'il ferait un sacrifice sur sa rémunération. On l'attend, il doit faire ce geste" rappelle le ministre.

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