Un conseiller, à Bercy, le reconnaît: "depuis mardi, l'ambiance a changé. Il y a de la fébrilité, de l'électricité dans l'air". Un remaniement dans un délai très bref, est devenu une certaine. Il agite, du coup, une partie des troupes. "L'incertitude est assez pesante", textote le conseiller d'un autre cabinet ministériel de Bercy (il y en a 7 au total: rappelons-le... c'est d'ailleurs une partie du problème, qui ne devrait pas survivre au changement annoncé). Et il poursuit: "on se concentre sur le boulot pour éviter toute tentation de démobilisation". L'affaire du mail intitulé "votre départ", ce mail que quelques personnes seulement ont reçu (4 ou 5) n'a pas beaucoup perturbé les équipes. Il détaille la procédure d'archivage de tous les documents utilisés, avant de quitter définitivement son poste. Son envoi faisait suspecter une sorte de provocation de la puissante administration du ministère, immuable, éternelle quand les cabinets, eux, ne font que passer. A Bercy, on plaide plutôt la maladresse: "ils ont cru bien faire, voilà tout". A l'étage du Budget, chez Bernard Cazeneuve, pas de trace de ce mail, "l'ambiance est studieuse, ici" assure un membre du cabinet, qui s'amuse des rumeurs qui circulent sur le futur casting ministériel de Bercy: les noms de Fabius, de Sapin surtout circulent beaucoup mais "tout ça tourne en rond puisque c'est ce qu'on lit dans la presse!". En fait, chez Cazeneuve, les équipes sont occupées, quoiqu'il adviendra d'elles, à la préparation de l'après 2ème tour: un calendrier fixé depuis longtemps, et qu'hier on ne sentait pas voir s'accélérer. C'est le 15 avril que le programme de stabilité européen doit être transmis au Parlement, et c'est lui qui doit détailler les 50 milliards d'économies prévus, et fixer le niveau des prélèvements obligatoires, donc le montant des impôts. On tente d'en savoir plus, mais on appendra rien de neuf. Pour les ménages, il est bien prévu "quelque chose", mais, sans doute, rien de plus que ce qui a déjà été publiquement annoncé. Pour les entreprises, le ciblage des baisses de charges (générale, ou sur les bas salaires) ne serait pas encore tranché. Tout comme le choix des impôts à baisser. Conclusion de ce conseiller: "une chose est sûre, le ministère du budget ne va disparaître!".

Gagnant. Airbus est l'un des grands gagnants de la visite du président chinois. Les accords signés hier, à l'Elysée, ne sont souvent, pour Airbus, que la confirmation de partenariats anciens, ou le déblocage de commandes déjà connues, mais quand même: Airbus group s'est assuré, hier, 20 ans de production en Chine! Mille hélicoptères, d'un côté. Mille A320 de l'autre. L'Accord d'hier, et ce n'est donc pas, pour le coup, la promesse d'emplois français, doit permettre à Airbus d'exporter ses avions fabriqués en Chine, vers le reste de l'Asie.Perdant. Les subprimes: on continue à solder les comptes. Bank of America a accepté, hier, de payer pas moins de 9 milliards de dollars. 9 milliards d'indemnités pour clore plusieurs poursuites judiciaires sur ces prêts toxiques à l'origine de la crise financière. On reprochait à la banque d'avoir vendu sciemment ces produits qu'elle savait "pourris".Perdant. Le "crash" de Candy crush, à Wall Street. L'introduction en bourse de son éditeur s'est soldé par une chute de 15%, hier. Les investisseurs doutent de sa capacité à créer de nouveaux jeux très populaires.

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