C'est une confidence de Jean-Luc Mélenchon, faite ici même, il y a 2 mois. Un peu avant de rentrer dans ce studio, le leader du Front de Gauche explique pourquoi, il n'a pas l'intention, au micro, de critiquer Arnaud Montebourg. (Mes notes sont formelles, ma mémoire aussi) Jean-Luc Mélenchon explique: "avec certains syndicats, on s'est consulté et on a décidé de ne pas taper sur Montebourg". Pourquoi? "Parce que c'est notre seule porte d'entrée dans ce gouvernement! Le Premier ministre, le Président ne devraient pas tout lui refuser". A l'époque, Jean-Luc Mélenchon commente le dernier "fait d'armes" en date du ministre du Redressement productif. De retour de Florange, il vient de proposer de faire voter "dans les 3 mois", une Loi favorisant la reprise d'une usine. L'idée est d'obliger son propriétaire à la vendre. ArcelorMittal est directement visé, mais Matignon rejette l'idée, et renvoie la proposition à la négociation entre syndicats et patronat: on n'en parle plus, aujourd'hui. 2 mois plus tard, le dossier "Florange" est toujours là, plus urgent que jamais (il reste 4 jours pour trouver une solution), et, cette fois-ci, les soutiens d'Arnaud Montebourg dépassent la seule Gauche de la Gauche. Au PS, mais aussi au Centre (Jean-Louis Borloo, ici même, hier) et même à Droite (Henri Guaino, dans les Echos, ce matin), beaucoup se disent favorables son idée d'une "nationalisation temporaire" du site de Florange. "Sur le fond, il a raison" affirme l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy. Qui regrette, en revanche, le ton polémique du ministre, qui a d'ailleurs corrigé ses propos: il ne voulait dire "je ne veux plus de Mittal en France" mais "je ne veux plus des méthodes de Mittal". L'un de ses soutiens au PS, cité par Libération, salue également le rétropédalage: "on ne prend pas les 20 mille salariés français de Mittal en otage, pour en sauver 400, à Florange". Reste, donc, maintenant cette idée d'une "prise de contrôle public temporaire", version 2012 des nationalisations de l'ère Mitterrand. A l'Elysée, on se serait fait à l'idée. On note en tout cas qu'aucun recadrage de Montebourg n'est venu, hier. Et on comprend qu'au mininum, cet après-midi, l'agitation du ministre devrait permettre à François Hollande, recevant Lakshmi Mittal, de lui arracher quelques concessions. C'est bien aujourd'hui qu'on teste, grandeur nature, l'efficacité des méthodes d'Arnaud Montebourg!

Sauver la Grèce. Les Européens, le FMI et la Banque Centrale Européenne se sont entendus, cette nuit, à Bruxelles. Un Accord en 2 temps. D'abord, le déblocage d'aides promises: 34 milliards d'euros tout de suite. Une dizaine d'autres milliards, l'année prochaine si Athènes poursuit les réformes demandées. Ensuite, l'Accord de cette nuit, allège (un peu) le fardeau de dette grecque. Il diminue les taux d'intérêt, retarde leur paiement ou encore allonge la durée des prêts consentis. Un effort chiffré à 40 milliards d'euros, d'ici à 2020... mais sans effacer, directement, une partie de la dette de la Grèce: le FMI le réclamait, mais les Européens ont refusé.Sauver Pétroplus. L'avenir de Pétroplus. Hier, le Fonds d'investissement libyen, LIA, a démenti avoir l'intention de racheter la raffinerie de Petit-Couronne, en Seine-Maritime. Arnaud Montebourg avait, pourtant évoqué cette hypothèse, au tout début du mois. "Nous n'avons même pas entamé l'étude de faisabilité et d'opportunité" affirment, aujourd'hui, les Libyens.

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