Claude Bartolone rigolait au téléphone, hier soir: "Thierry Philipponnat n'a même pas eu à me baiser l'anneau, pour que je le désigne". Le Président de l'Assemblée nationale faisait référence, évidemment, aux propos de Dominique Voynet tenus, ici même hier. La future ex-Maire de Montreuil l'accuse d'être le "parain" du département. Lui rétorque qu'elle fuit une défaite annoncée. Peu importe, on n'appelait pas Claude Bartolone pour ça du tout, mais pour lui demander d'expliquer son étonnant choix pour l'AMF, l'Autorité des Marchés Financiers, autrement dit le "gendarme de la bourse". C'est l'un des pouvoirs du président de l'Assemblée nationale: il a droit de nomination pour 1 poste, au sein du Collège de l'AMF. C'est l'organe de décision de l'institution, collège composée de 16 membres "issus du Conseil d'Etat, de la Cour de Cassation, de la Cour des Comptes, de la Banque de France, de l'Autorité des normes comptables et de professionnels" précise son site internet qui va devoir rajouter: "ainsi que des représentants d'ONG", puisque Claude Bartolone a décidé, hier, d'y envoyer Thierry Philipponnat, un dirigeant de Finance Watch, organisation non-gouvernementale militant "pour une finance au service de la société", une régulation renforcée du secteur financier. En début d'année, elle s'est montrée particulièrement critique face à la réforme bancaire proposée par le gouvernement, "trop timorée". Pour Claude Bartolone, "pas de malice" dans ce choix, ce n'est pas une critique "en creux" du gouvernement, mais Thierry Philipponnat, selon lui, présente toutes les qualitiés requises: ancien trader, il maîtrise parfaitement les rouages de la finance. Il connait aussi très bien les institutions européennes. Enfin, et surtout, il a une vision critique du système. Le nommer au sein de l'institution chargée de sa surveillance, c'est donc, aussi, explique le président de l'Assemblée, un moyen de lutter contre la "consanguinité" du secteur, qui a fait tant de mal. Un monde où ceux qui sont chargés de la régulation du secteur, sont issus du secteur. Cette nomination vient en rappeler une autre: celle de Bernard Maris, qu'on ne présente pas ici, à la Banque de France (là, c'est le président du Sénat, Jean-Pierre Bel qui avait fait ce choix). L'économiste qui avait dénoncé ces "salopes de banques" (sous son pseudo Oncle Bernard, dans Charlie Hebdo), travaillant avec le gouverneur Christian Noyer: c'est une façon d'éviter que ce monde de finance continue à vivre en vase clos. Le résultat, on verra. Mais pour Thierry Philipponnat et Finance Watch, l'entrée au sein du gendarme de la bourse, s'inscrit parfaitement dans leur démarche: être un contrepouvoir au sein même des institutions.

Back to France. Burger King accélère son retour en France La chaîne de restauration rapide, connu pour son Whopper, avait quitté le marché français en 97, fermant d'un coup une quarantaine de restaurants. Elle est revenue en 2012, avec seulement 3 points de vente. Changement de braquet: Burger King annonce, désormais, viser 20% du marché français du hamburger. On va voir des restaurants, à son enseigne, fleurir un peu partout. 350 à 400 ouvertures sont prévues à moyen terme. MacDo possède plus de mille 200 restaurants, à tire de comparaison. Quick, 370.Moins fort. Le tarif des péages, sur les autoroutes, va augmenter, en moyenne, de 1,14% au 1er février prochain. C'est 2 fois moins que cette année.

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