Le Jury du Prix du Livre d’Economie a vraiment très bien fait les choses, cette année. Ce Prix est remis, chaque automne, à l’occasion d’une journée spéciale organisée, au sein même du ministère de l'Economie et des Finances. L’édition 2014, c’était hier, la "première" d’Emmanuel Macron. Et, oui, le Jury l’a particulièrement soigné. D’abord, en proposant qu’il remette un "Prix Spécial" à Valéry Giscard d’Estaing, pour son livre sur l'avenir de l'Europe. Dans une salle bondée, remplie de lycéens qui sortent leurs téléphones pour prendre en photo l’ex-Président et le jeune ministre, les organisateurs doivent se dire qu’ils ont réussi leur coup. VGE a été ministre de l’Economie, la première fois, en 1962. A 36 ans: c'est exactement l’âge d’Emmanuel Macron aujourd’hui. Le message même pas subliminal n'a échappé à personne. Donc, si on trace une ligne parallèle, ça donne: Macron Président de la République, en 2025. Puis, une vie d'"ex", pendant au moins 33 ans. A ce stade en tout cas, on note un seul point commun, leur facilité à parler sans notes. Mais, le meilleur, pour le ministre Macron, était, sans doute, la remise du "Prix du livre d’Economie 2014". Le jury a choisi "Changer de modèle" de Philippe Aghion, Gilbert Cette et Elie Cohen (aux éditions Odile Jacob). Et ça ne pouvait pas mieux tomber, ce livre, revendiqué par ses auteurs comme celui d'une "gauche réformiste", doit être l’un des livres de chevet du ministre. Emmanuel Macron le résume ainsi: c’est un livre qui nous invite "à revenir sur les évidences d’hier (on pense, évidemment, aux 35h, et à leur "piédestal"), à refuser les politiques trop faciles, qui consistent à mettre de l’argent sur la table, sans régler les problèmes de fond". C'est de "l'anti-keynésianisme primitif". "Changer de modèle", c’est la "Gauche de l’offre", celle de Manuel Valls et d’Emmanuel Macron. Hier, le ministre buvait du petit lait, rappelant que les 3 auteurs ont travaillé, il y a 3 ans, pour le candidat Hollande. C'était le groupe dit "de la Rotonde". "En fait, on l'a beaucoup plus conseillé pendant la primaire socialiste, que la campagne présidentielle" précise l'un d'eux. Un vieux souvenir donc, mais qui prouve que le virage "pro-entreprise" du Président Hollande était en germe, bien avant son installation à l’Elysée.

Courrier. Toujours à la recherche d'une lettre signée Manuel Valls, adressée à la Commission europénne. Elle a été envoyée, le week-end dernier, par le Premier ministre pour "empêcher" Bruxelles d'engager une procédure de sanctions contre les dérépages budgétaires français. Et ça a marché. Alors qu'est-ce que Manuel Valls a écrit, est-ce qu'il a promis quelque chose? "Il n'y a pas de mesures nouvelles dedans" jure-t-on à Bercy. A Matignon, on affirme qu'il ne s'agit que d'un rappel des réformes menées en France: celles déjà votées, et celles dont l'examen au Parlement est prévu dans les prochains mois". Cette lettre, en tout cas, n'a toujours pas été rendue publique. Et ne devrait pas l'être.

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