C'est un chiffre qui désormais circule : 25 000 milliards de dollars se sont "évanouis" depuis le début de cette crise. 25 000 mds "partis en fumée" à la bourse, c'est près de 2 fois le PIB des Etats-Unis. La crise, expliquée comme ça, c'est à la fois vrai et totalement faux. Vrai, parce que depuis le début de l'année, la capitalisation des grandes places boursières internationales a fondu de moitié, soit, effectivement, un total de 25 mille milliards de dollars. C'est énorme mais pour autant, ce n'est pas l'argent qui a disparu - de l'argent qu'on aurait brûlé, comme ça, dans une corbeille de la bourse. Ces milliers de milliards n'étaient qu'une "promesse" de gains futurs (c'est bien ce qui se joue en bourse), et ces promesses -c'est bien dommage, mais c'est comme ça- ont disparu. Dit autrement, la chute de la bourse, ce n'est pas la cause, mais la conséquence DES crises (au pluriel) des crises auxquelles on assiste : "la vie", donc. La crise financière, d'abord : une crise de confiance, celle qui gelait totalement le marché interbancaire (après l'effondrement de Lehman Brothers), et qui faisait craindre de nouvelles faillites de banques. Il semble qu'avec l'intervention massive des Etats, cette crainte-là soit en train de s'apaiser. Mais, c'est désormais, la crise économique qui inquiète... la récession, d'où ce nouveau "vendredi noir", la semaine dernière. Reste la troisième crise, qui commence à poindre : la crise sociale. Le chômage, les salaires qui stagnent. Disons que là, la bourse y est généralement plutôt indifférente. Le CAC40 depuis sa création en 88 a progressé de 120% quand le salaire annuel des Français ne grimpait que de 15%. Les milliards perdus ramènent l'indice parisien à son niveau de 2003 : ce n'est pas un drame ! La crise va durer ! C'est le ministre du budget, qui l'affirme. Eric Woerth parle d'un ralentissement "très fort" de l'activité économique : il va durer encore quelques mois, jusqu'à l'été 2009. Peut-être même pendant toute l'année prochaine, affirme le ministre qui confirme la stratégie budgétaire du gouvernement : laisser filer les déficits, sans augmenter les impôts. Demain, Nicolas Sarkozy doit annoncer des mesures en faveur de l'emploi. Le FMI au chevet des pays malmenés par la crise. Le Fonds Monétaire International a octroyé plus de 16 milliards de dollars à l'Ukraine, hier, après avoir déjà secourru l'Islande, vendredi. Prochain pays sur la liste : la Hongrie. La bourse : l'Asie décroche une nouvelle fois. Tokyo a clôturé sur une baisse de plus de 6%, ce matin.

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