A l'Assemblée, à l'occasion de la discussion budgétaire qui s'achève aujourd'hui (en tout cas pour la partie "recettes" du budget de l'Etat), "on allait voir, ce qu'on allait voir" sur le bouclier fiscal. La menace ne venait pas de la Gauche, même si, inlassablement, elle réclame la fin de ce dispositif qu'elle juge injuste mais bien de la Droite. Des rangs de la majorité. "La situation budgétaire est grave", disaient, et disent toujours, certains élus UMP et Nouveau Centre, il est temps de corriger ce dispositif qui bloque à 50% le montant maximal des impôts que peut payer un contribuable, chaque année à l'Etat. Au terme des débats, résultat: le bouclier fiscal est intact. Pas une brèche, même pas un petit coin enfoncé! Le bouclier fiscal a prouvé, une nouvelle fois, son efficacité: il repousse les impôts... comme les assauts des élus inquiets de l'état des finances publiques. Parce qu'on ne s'y trompe pas: c'est bien parce qu'ils savent qu'il va falloir, bientôt, augmenter les impôts (ou les charges sociales), qu'ils réclament une modification du mode de calcul du bouclier fiscal: quand la décision viendra d'augmenter les impôts, il sera impossible alors d'expliquer pourquoi les plus riches ne participent pas au remboursement de notre dette de crise: c'est ça, leur souci. Mais voilà, le gouvernement ne veut pas entendre parler d'une réforme du bouclier fiscal. "Je l'ai dit mille fois" affirme, ce matin encore, Eric Woerth dans une interview au Figaro. C'est un "contrat de confiance" passé entre la majorité et les Français" a dit Christine Lagarde. Quant à Jean-François Copé, le "patron" des députés UMP, il s'est dit ouvert à l'idée, hier soir, dans l'hémicycle mais pour mieux l'enterrer: "si on veut ébrécher le bouclier fiscal, alors il faut revoir l'Impôt de Solidarité sur la Fortune, a-t-il dit: on ne fera pas l'un sans l'autre mais on ne le fera pas, non plus, lors d'une nuit à l'Assemblée". Point final. Après les députés, ce sont quelques sénateurs qui promettent, maintenant, de s'attaquer au bouclier fiscal. Il n'y aura pas de taxe supplémentaire sur les banques. Les députés, hier soir, étaient appelés à revoter... après l'adoption surprise, vendredi, de l'amendement socialiste intaurant une taxe additionnelle de 10% sur les bénéfices des banques. Cette fois-ci, il n'y a pas eu "d'erreur de manipulation". Par 81 voix contre 51, la "surtaxe" a été supprimée. Est, en revanche, maintenue une contribution nouvelle au financement du contrôle bancaire que paieront, à partir de l'année prochaine, les établissements bancaires... mais elle rapportera bien moins que la taxe additionelle proposée, votée... et finalement, donc, rejetée. Le chômage toujours en hause. +21600 demandeurs d'emplois supplémentaires, le mois dernier. Dans la catégorie officielle. François Fillon estime que tant que la France ne renouera pas avec une croissance économique au dessus de 2%, il sera dur de "reconstruire de l'emploi": c'est son expression, et ce n'est pas rassurant puisqu'hier, l'OFCE, un organisme de prévision, a estimé que la croissance en France ne dépassera pas 0,8%, l'année prochaine. Un plan d'aide de 1, 2 ou même 2,5 milliards d'euros. C'est ce que pourrait annoncer Nicolas Sarkozy, aujourd'hui en faveur des agriculteurs. Discours à la mi-journée depuis la "capitale du comté", Poligny, dans le Jura.

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