Vous l'avez, peut-être, entendu dans le journal de 7 heures: l'économiste Olivier Pastré commentait l'Accord de cette nuit, à Bruxelles: "tout le monde a accepté de se couper un doigt pour éviter de devoir se couper, plus tard, le bras"! C'est le propre d'une négociation, poursuivait-il, et celle-ci a été particulièrement difficile: tout le monde doit accepter de faire des sacrifices, et au final tout le monde en fera. Les banques, donc, acceptent de passer, par pertes et profits, la moitié de la dette grecque qu'elles détiennent dans leurs comptes. Elles s'y préparaient depuis des semaines, mais elles ont chèrement vendu leur peau. Elles ont, du coup, obtenu que l'Europe garantisse une partie des prêts futurs qu'elles accorderont à la Grèce. Jusquau bout également, les banques ont négocié les conditions de leur recapitalisation: le montant, la définition retenue des fonds propres, la méthode, et le calendrier. Dans cette négociation, il est intéressant de voir également comment les rapports de force et les alliances ont été fluctuantes, d'un dossier à l'autre. L'Allemagne, par exemple, qui préconisait la manière forte face aux banques, s'est confrontée à l'opposition de la France et de la Banque Centrale Européenne. Mais sur la question de Fonds de secours européen, c'est la BCE et l'Allemagne qui s'opposaient, ensemble, aux Français. Finalement, et comme prévu: personne n'a rien demandé à la Banque Centrale Européenne (son indépendance a été respectée) mais Mario Draghi, qui va remplacer Jean-Claude Trichet, la semaine prochaine à la tête de l'institution, a fait savoir qu'il poursuivra la politique de son prédécesseur: tout le monde est rassuré. Du côté des sacrifices, les Grecs (même soulagés d'une partie de leur dette), les Italiens (qui vont devoir réformer leurs retraites: promesse de Silvio Berlusconi, hier), et les Espagnols (rappelés à l'ordre, une nouvelle fois, hier) ne seront pas épargnés: rigueur renforcée, pour tous. Comme pour les Français. Ce soir, à la télé, Nicolas Sarkozy devrait ouvrir la voie à de nouvelles mesures d'économies. La hausse des taux de TVA a été lancée comme un ballon d'essai à l'Assemblée, mais Nicolas Sarkozy acceptera-t-il cet ultime reniement? Rien n'est moins sûr. Selon les Echos, d'autres pistes seraient, plus sérieusement, à l'étude: une nouvelle réduction des dépenses de la Sécurité sociale, et une augmentation des impôts des grandes entreprises.

La Chine vole au secours de l'Europe. C'est l'un des points marquants de l'Accord trouvé, cette nuit, à Bruxelles. La Chine, la Russie, le Brésil, tous sont invités à participier au plan de sauvetage de la zone euro. Un fonds spécial, adossé au FMI (pour rassurer tout le monde) va être créé. Il permettra aux pays émergents d'acheter de la dette souveraine européenne. A ce stade, impossible d'évaluer les sommes qui seront ainsi récoltées, mais elles s'ajouteront aux moyens démultipliés de Fonds de secours européen. C'est un des autres points d'accord trouvé cette nuit: le FESF va être porté à mille milliard d'euros. Par "effet de levier", c'est-à-dire sans que les Etats ne soient obligés de reverser de l'argent frais.Comme prévu: les banques sont, également, mises à contribution: elles vont devoir supporter l'effacement de 100 milliards d'euros de dette grecque. Elles devront se recapitaliser pour un montant équivalent.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.