La lettre d'annulation -sobre, sur du papier à en-tête très officiel- tranche avec le grand carton d'invitation sur papier bristol, reçu avant l'été. Dans ce courrier, le groupe Vinci annonce qu'il renonce à organiser, ce soir, au Château de Versailles, sa grande soirée de gala pour célébrer les 10 ans du groupe. Il n'y aura pas de représentation exceptionnelle à l'Opéra royal. Pas de dîner, non plus, dans la galerie des glaces. Vinci, dont 5 collaborateurs viennent d'être enlevés au Niger, n'a plus le coeur à la fête, affirme son patron Xavier Huillard: "nous n'avons pas d'autre choix que d'annuler notre soirée festive" explique-t-il. On imagine que cette décision a été mûrement réfléchie, au sein du groupe de BTP, et qu'elle s'est finalement imposée: par correction, mais aussi pour une question d'image, il était impossible de maintenir cette "sauterie versaillaise". Cette "crise" des otages du Niger pour les groupes concernés, Vinci donc, mais aussi et surtout Areva... cette crise impose une gestion millimétrée. Une gestion médiatique millimétrée. Pour Anne Lauvergeon cela dit, elle se résume assez facilement: c'est le silence absolu! Depuis les enlèvements d'un de ses salariés et son épouse, avec donc les 5 autres de Vinci, la patronne d'Areva ne s'est jamais exprimé publiquement. Certains s'en émeuvent. On a même dit l'Elysée "agacé" par ce silence-radio. Ses adversaires (et elle n'en manque pas) raillent son attitude. Dans l'entourage de la patronne, on se justifie: "c'est le Quai d'Orsay et le ministère de la défense qui lui ont demandé de ne pas apparaître dans les médias, et c'est parfaitement compréhensible. Habituel dans ce genre d'affaires". Seul le porte-parole du groupe s'est exprimé, quand il fallu, notamment, défendre Areva face aux soupçons de manquements aux règles de sécurité. Anne Lauvergeon, elle, a reçu les familles des otages. S'est exprimé 2 fois sur le canal interne de son entreprise mais restera "muette" pour tous les autres. Et jusqu'à nouvel ordre. Tout comme le patron de Vinci d'ailleurs. Des pros de communication d'entreprise (notamment en temps de crise) valident cette stratégie: elle a d'autant plus raison de se taire, expliquent-ils, qu'elle a tout intérêt à laisser passer le message que se sont des Français qui ont été envelés. Pas des salariés d'Areva. C'est le retour des privatisations! C'est le journal Les Echos qui révèle l'information, ce matin. L'Etat s'apprête à ouvrir le capital de 4 aéroports régionaux. Si on en croit le journal, c'est l'aéroport de Lyon St Exupéry qui pourrait ouvrir le bal, d'ici à la fin de l'année. Suivront, dans l'ordre: Nice, Toulouse et Bordeaux. L'Etat détient, aujourd'hui, 60% du capital de chacun de ces aéroports. Les 40% restants allant aux collectivités locales. Vinci, Véolia, la Caisse des Dépots notamment, seraient déjà sur les rangs. BN chinois. Ils n'étaient plus nantais depuis longtemps, les chocos BN pourraient bientôt devenir chinois! Bright Food est un conglomérat de Shanghaï. Il s'apprête à racheter le Britannique UB, United Biscuits, maison-mère des Chocos BN donc. Mais aussi des Délichoc, et des cigarettes russes Delacre.

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