C'était il y a 2 jours, à Bercy. Le conseiller d'un ministre, chargé des relations avec le monde des affaires (les patrons, du petit au plus grand) résumait, ainsi, leur état d'esprit face au gouvernement. "Les patrons, dit-il, expriment, depuis l'élection de François Hollande, 2 satisfactions, 2 regrets et une attente forte". La première satisfaction (on y revient sans cesse), c'est le respect des 3% de déficit, l'année prochaine. Il permet d'obtenir des taux d'intérêt très bas. Pour la France (avec l'aide de la Suisse, on en parlait ici même hier), mais aussi pour les grandes entreprises françaises: par ricochet, elle bénéficient, elles aussi, de taux d'intérêt extrêment bas, en ce moment (un bon point pour le gouvernement). L'autre satisfaction, selon ce conseiller de Bercy: c'est le calendrier, fixé par François Hollande, "l'agenda du redressement", qui donne des délais précis aux réformes à venir. Viennent les 2 regrets des patrons (toujours selon ce conseiller): les 10 milliards d'impôts nouveaux sur les entreprises. Et l'insuffisance des réductions de dépenses de l'Etat. En résumé: "trop d'impôts, pas assez d'économies". Et "les 75% d'impôt sur le revenus au-dessus d'un million d'euros?", demande-t-on. Réponse: "ça, c'est acté.. digéré désormais". En lisant, le Financial Times, ce matin, on se permet d'en douter. Jean-Paul Agon, pourtant signataire de l'appel "taxez-nous!" l'année dernière (appel signé par 16 patrons et grandes fortunes), le PDG de l'Oréal, dit tout le mal qu'il pense de la taxe à 75%. "Il sera presque impossible de recruter des talents en France" dit-il. "75%, c'est trop". On voit qu'il y a encore beaucoup de travail à faire, pour le gouvernement, sur cette taxe... Reste (si vous suivez bien), le dernier point: la "grande attente des patrons" aujourd'hui. Le conseiller de Bercy résume: ce sont les décisions à venir, sur le financement de la protection sociale, le marché du travail et la compétitivité. "Si rien n'est fait sur ces 3 points, on ira investir ailleurs" lui disent les patrons. Ce que confirment cette fois-ci (et même bien au delà) 2 grands dirigeants français qui s'expriment dans la presse, ce matin. 2 constructeurs auto. "Il est extrêmement important d'alléger les charges sur les emplois industriels" redit Philippe Varin, patron de PSA, dans Les Echos. "L'amélioration de la compétitivité de la France est une question de survie pour Renault", renchérit Carlos Ghosn, dans le Figaro.

COR. On commence avec une "bonne nouvelle" pour tous les salariés, nés en 1956. Le Conseil d'Orientation des Retraites vient d'annoncer que tous ceux nés en 1956 n'auront pas, pour faire valoir leur droit à la retraite, à cotiser plus lontemps que ceux nés un an plus tôt (en 55). Pour les premiers, comme les seconds, le curseur restera fixé à 41 ans et demi, pour une retraite à taux plein. Depuis la réforme Fillon de 2003, la durée de cotisation est liée à l'espérance de vie (par classe d'âge). Chaque année, elle est, donc, recalculée par le COR. La décision finale revient au gouvernement mais on le voit mal refuser le statu quo proposé.Espagne. L'Espagne, empêtrée dans une crise économique, sociale et politique, plombe les places boursières. Fort recul, hier partout: de presque 3% pour le CAC 40. Madrid présente son budget 2013 aujourd'hui et de nouvelles mesures de rigueur, notamment une 3ème année consécutive de gel du salaire des fonctionnaires espagnols.

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