Manuel Valls, à la télé mardi soir, l'avait prédit, comme une évidence: "(sans croissance), les chiffres du chômage ne peuvent pas être bons". La veille, son ministre du Travail, François Rebsamen, avait lui aussi anticipé la hausse, en rappelant cette "totologie": "croissance zéro = chômage en hausse". C'est une évidence, oui mais rappelons qu'il n'y a pas si longtemps, la promesse d'inverser la courbe du chômage était répétée, maintes et maintes, en dépit d'une conjoncture qui ne s'améliorait pas! Les chiffres du chômage, publiés hier sont donc mauvais. Et même très mauvais. Plus aucun indicateur n'est au vert: 9ème mois d'affilée de hausse, la 25ème en 26 mois. Ce qui donne 500 mille demandeurs d'emplois de plus, depuis l'élection de François Hollande. Le chômage des seniors a progressé de 0,7%, le mois dernier, de presque 12% sur un an. Celui des jeunes, qui avait donné quelques signes de satisfaction l'année dernière (grâce aux emplois aidés) repart à la hausse. Et pour plomber, définitivement l'ambiance: les "longue durée" progressent encore fortement. La durée du chômage s'est allongé de 3 jours, le mois dernier, portant la moyenne du temps passé à pointer à Pôle Emploi à 529 jours! 43% des inscrits, le sont depuis plus d'un an. J'arrête, là mais mes économistes sont unanimes: cette situation ne peut que se prolonger, dans les mois qui viennent. En raison de cette croissance qui reste atone, ici, et ailleurs en Europe. Le "coup de mou" de l'activité en Allemagne, notre principal client, plombe nos perspectives à court terme. Et les mesures prises par le gouvernement, elles, ne pèsent pas encore. Ou pas assez. Le Pacte de responsabilité vient, à peine d'être voté. Et le CICE, le Crédit d'impôt Compétitivité emploi, lui, -tant vanté, encore hier par Manuel Valls, devant les patrons du Medef- monte en puissance trop lentement. Les premiers chiffres livrés par Bercy -et qu'on trouve dans les Echos, ce matin- montrent qu'à ce jour, seulement 4 milliards et demi d'euros ont effectivement rétrocédé aux entreprises, en monnaie sonnante et trébuchante... pas de quoi créer les conditions d'investir et d'embaucher. En tout cas, à très court terme.

Pas si grave . 2014 n'est pas si catastrophique! On parle "assurance". Selon un bilan publié, hier (par le réassureur, Swiss Re.), les 6 premiers mois de l'année ont été plus cléments que d'habitude, en catastrophes naturelles. Les pertes, liés à ses désastres, s'élèvent à 44 milliards de dollars. Ces 10 dernières années, la moyenne tournait plutôt autour de 90. Ce sont les orages et les tempêtes de la mi-mai, aux Etats-Unis, qui ont coûté le plus, aux assureurs. Presque autant que la grêle de juin, en Allemagne, en Belgique, et en France. 2 milliards et demi de pertes couvertes: dégâts sur les habitations et les véhicules évidemment.Grave. L'alerte de Total hier: le groupe pétrolier veut réduire ses capacités de raffinage, en France. Activité, toujours déficitaire. Un Comité Central d'Entreprise est convoqué pour la fin septembre.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.