Pas facile de se faire une idée précise depuis hier, et la publication par "Libération" d'une enquête sur ce que le journal a appelé "L'autre scandale Kerviel" de la Générale. Explications/démentis, nouvelles explications/ nouveaux démentis se sont succédés toute la journée dans une partie de ping-pong bien réglée, finalement, entre l'auteur de l'article Nicolas Cori, qui connaît très bien le monde de la finance, et la banque. Alors, il en ressort quoi de cet échange ? D'abord, que faire le parallèle entre cette nouvelle affaire et l'affaire Kerviel (comme le fait "Libé") implique une chose : prendre "fait et cause" pour le jeune trader qui ne serait qu'une "victime" du système. La CGT-maison s'y refuse, par exemple. Mais l'enquête de "Libération" a le mérite de montrer qu'une autre filiale que celle où travaillait Kerviel a connu, beaucoup de déboires, elle aussi, avec cette crise. La banque ne le conteste pas d'ailleurs mais évidemment refuse toute idée de "dérive": "c'est la vie des affaires, dit-elle, avec ses hauts et ses bas", avant de confirmer le "nettoyage" de sa filiale. Nettoyage raconté dans le détail, par "Libé". Reste le coeur de l'affaire : les pertes de la Société Générale, les pertes passées, et celles, surtout, à venir. Je résume à grand trait, avec des sommes arrondies. Début 2008, la Générale chiffrait à 10 milliards d'euros le montant des actifs "pourris" qu'elle détenait dans sa filiale. Fin 2008, dans ses comptes, il n'en reste que 5 milliards. "Libé" affirme que la différence, grosso modo, c'est une perte nette dissimulée, subtilement, dans les comptes de la banque. La banque affirme, de son côté, qu'elle a réussi à vendre la plus grande partie de ces actifs, mais sans apporter plus de précisions, si ce n'est un calendrier. Elle précise que les actifs qui restent (pour 5 milliards d'euros, donc) pourront être, un jour ou l'autre, revendus. "Libération" pense qu'ils ne valent rien, ou pas grand chose, d'où son estimation possible de pertes de 10 milliards au total. Là, je suis incapable de trancher en faveur de l'un ou l'autre. La banque rappelle que ses comptes sont évidemment certifiés, et contrôlés par ses tutelles. Donc, qu'elle ne peut pas dissimuler une telle somme. Mais on sait aussi que le FMI est le premier à dire que les banques n'ont pas sorti tous les cadavres de leurs placards. A ce stade donc, il ne reste que l'intime conviction ! La grippe porcine menace aussi l'économie. "En cette période de crise, une épidémie c'est la dernière chose dont nous avions besoin". Commentaire d'un économiste d'une grande banque, hier. Cela dit, cette menace reste virtuelle, à ce stade. Et donc à la bourse seulement. Principe de précaution : les opérateurs ont vendu les titres qu'ils possédaient de compagnies aériennes (comme Air France-KLM) ou des grandes sociétés du secteur touristique. En revanche, les fabricants de masques sanitaires et les grands labos pharmaceutiques ont vu le cours de leurs actions bondir. Le chômage, toujours en hausse. En France, onzième mois consécutif de hausse du nombre des inscrits à Pôle Emploi. En mars, 63 400 chômeurs de plus ont rejoint les rangs de l'ex-ANPE. Ce sont encore pour les jeunes que la hausse est la plus forte. Le nombre des licenciés économiques, progresse également de 12%, en mars, mais les plans sociaux, annoncés ces dernières semaines, ne pèsent pas encore beaucoup sur ces statistiques.

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