Evidemment personne à Droite, comme à Gauche, n'utilisera cette expression. A vrai dire, elle n'est pas, tout à fait, appropriée (je dois en convenir). Sauf que -tout de même!- c'est un moment rare qu'on devrait vivre, la semaine prochaine, à l'Assemblée nationale (et peut-être au Sénat), le Parti socialiste mêlant ses voix à celles de l'UMP pour adopter un projet de Loi. Le projet de Loi débloquant l'aide financière à la Grèce. Il s'agit, techniquement, de ce qu'on appelle un projet de loi de finance rectificative. Un texte, très court, qui autorise le gouvernement français à ouvrir une ligne de crédit, en faveur de la Grèce. Un prêt de 3,9 milliards d'euros, pour 2010. Le PS, qui doit arrêter définitivement, sa position aujourd'hui (on n'est, donc, pas encore à l'abri d'une surprise), devrait donc décider de voter pour ce texte. "C'est le contraire qui aurait été surprenant" commente-t-on à Droite. Où Gilles Carrez, le député UMP rapporteur du texte, se félicite que les Socialistes ne profitent pas de ce débat budgétaire, imposé par la seule situation de la Grèce, pour polémiquer sur d'autres thèmes "connexes". Par exemple, en reparlant de la situation budgétaire de la France (a-t-on vraiment les moyens d'aider la Grèce quand, nous-mêmes, sommes dans une situation délicate?). En reparlant aussi, et pourquoi pas, des impôts. Et du bouclier fiscal! Au PS, Jérôme Cahuzac, le président de la Commission des Finances, est d'accord, en fait avec son collègue du camp d'en-face. "Les considérations de politique intérieure ne doivent pas interférer" dit-il... pensant très fort, pour le coup, à la chancelière allemande Angela Merkel qui reste sur une position "intransigeante" (qui plait à son opinion publique) et ce, dans l'attente d'élections régionales, risquées pour son parti. Pour les Socialistes français, voter ce texte "sans broncher" (contrairement, à leur attitude, l'année dernière face au plan d'aide aux banques, qui apparaissait tout aussi urgent d'adopter), c'est donc une façon de se monter "responsable". De défendre l'euro. C'est aussi une manière d'adresser un vrai message de solidarité aux Grec. Responsabilité, solidarité: 2 arguments à même de convaincre (et c'est une chance) toutes les sensibilités du parti. La situation de la Grèce affole les marchés. Les pertes sont plus modérées qu'hier en Europe, mais ce mati, les places boursières asiatiques, à leur tour, reculent. La crainte d'une contagion de la crise grecque inquiète, après une nouvelle dégradation, hier, de sa "note" internationale, ramenée au rang d'obligation "pourrie". Et comme dans le même temps, le Portgugal était, également, rétrogradé, la panique s'est propagée. Les investisseurs craignent, en fait, que la Grèce ne se déclare en cessation de paiement. Hypothèse catégoriquement rejetée à Bruxelles, qui convoque un Sommet extraordinaire pour le 10 mai. Ca baisse, ça monde. Le chômage en France. En lègère baisse, dans la catégorie officielle, au mois de mars, selon les statistiques publiées hier: 6 mille inscrits, en moins. Mais si on élargit aux catégories des demandeurs d'emplois, qui exercent une activité réduite (parfois "faute de mieux"), là c'est une hausse. De 0,5%, en un mois. L'explication, c'est la reprise de l'interim, mais aussi le traitement social de chômage: la multiplication des formations et des contrats aidés.

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