Vous connaissez, sans doute, cette vieille blague, signée Coluche: "Dieu, c'est comme le sucre dans le lait chaud: il est partout et on ne le voit pas. Plus on le cherche moins on le trouve". Cette définition, on pourrait aisément l'appliquer à Albert Frère, l'homme d'affaire belge. Incontournale acteur de l'économie française: il est l'actionnaire de plusieurs grands groupes. C'est une sorte de "Dieu" du CAC 40. On le retrouve chez Lafarge (plus de 20% du capital). Chez Total et GDF Suez (5%), chez Pernod Ricard, à Suez Environnement, dans le groupe Flo ou encore chez M6. Il est partout... mais on ne le voit pas: il se fait extrêmement rare dans les médias. C'est dire l'intérêt de l'interview qu'il accorde, ce matin, au Figaro. Elle a un but, évident: il vient rassurer la place de Paris. "Non, explique-t-il, il n'est pas en train, à 85 ans, de se retirer des affaires! Certains s'inquiètent parce qu'il vient d'entamer une importante réorganisation de son emire. Je vous passe les détails (il y a notamment, le retrait de la bourse d'une des sociétés de son groupe bâti façon "poupées russes". Lui justifie la manoeuvre simplement: "il était temps, explique-t-il, que mes enfants et petits-enfants soient maîtres chez eux", "ma sucession est d'ores et déjà réglée" ajoute-t-il. "J'envisage mon "absence" (il le dit ainsi) avec sérénité" mais pas ma retraite, un substantif qui n'a pas sa place dans mon vocabulaire", dit-il. Il ajoute d'ailleurs, pour qu'on comprenne bien le message, qu'il reste, comme toujours, "à la recherche de belles entreprises dans lesquelles investir". Alors pour reste, Albert Frère accepte plus ou moins le jeu des questions-réponses. Va-t-il faire évoluer sa participation dans Pernod-Ricard? On verra. Est-il inquiet pour Lafarge, sanctioné par les agences de notation? "Son patron, Bruno Lafont sait ce qu'il doit faire", répond-il. Et ses affaires avec Bernard Arnault? Le rachat en 1998 de Cheval Blanc "premier grand cru", St Emilion. "Avec Bernard, nous nous amusons beaucoup". Enfin Nicolas Sarkozy? Dernière question du Figaro. Les dernières décisions sur le prix du gaz et de l'électricité ne lui plaisent pas mais, dit-il, "mon amitié pour lui est ancienne et n'est un secret pour personne. Objectivement (c'est toujours Albert Frère qui parle), la France de 2012, sera grâce à lui, plus moderne que celle de 2007". On commence avec un "trou très, très profond". L'expression est du patron de la Réserve fédérale américaine. Ben Bernanke tenait une conférence de presse, hier soir: la première en presque 100 ans d'existence de son institution. L'intervention était, du coup, très attendue: elle lui a permis d'expliquer pourquoi la FED a décidé de maintenir ses taux d'intérêt tout près de zéro. L'inflation aux Etats-Unis, même en hausse, ne l'inquiète pas. En revanche, la croissance, outre-Atlantique, n'accélère pas. Et surtout, dit-il, "le marché du travail américain reste dans un "trou très, très profond". Nokia dégraisse. En difficulté. "Bousculé" par Apple et son iphone, Nokia se débarasse de 7 mille employés. Annonce faite hier. 3 mille postes vont être "externalisés". Et 4 mille supprimés. Gouvernement cherche argent. Calcul de la Commission des Finances du Sénat: il va manquer entre 6 et 10 milliards d'euros au gouvernement, s'il veut tenir ses engagements en matière de réduction du déficit, l'année prochaine. Traduction: il va falloir réduire les dépenses et les niches fiscales pluss que prévu. Ou augmenter les impôts.

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