Chez Bouygues, ce week-end, c'est la seule réponse qu'on donnait à qui venait chercher des informations sur la discussion en cours, chez Alstom: "désolé, on n'est pas à la manoeuve dans cette histoire!". Cité par le JDD, un responsable de Bouygues ajoutait, quand même: "nous sommes derrière Patrick Kron (le patron d'Alstom), nous ferons ce qu'il souhaite". Bouygues simple spectateur: ce n'est évidemment pas la vérité. Avec 29,4% du capital d'Alstom entre ses mains, Martin Bouygues, évidemment, est un des acteur-clé de l'histoire en cours. Peut-être même, celui qui l'a provoqué. Au minimum, celui qui a accéléré l'opération. Depuis plusieurs mois, on le soupçonne, en effet, de vouloir vendre sa participation dans Alstom, participation qui plombe ses comptes. En début d'année, il a dû passer, dans ses comptes, 1,4 milliards d'euros de dépréciation d'actifs, sur Alstom. Mercredi soir, quand Bloomberg révèle l'information ("il y a des tractations en cours entre General Electric et Alstom", "le deal va être annoncé dans les jours qui viennent"), l'agence financière américaine prend bien soin de préciser que "Bouygues a donné son accord". Découvrant en même temps que tout le monde l'information, Arnaud Montebourg, à Bercy, a de quoi se montrer très énervé, pour le coup. D'abord donc, pour avoir été mis devant le fait accompli: tout était organisé pour que l'opération soit validée dès ce week-end, en prévenant les autorités françaises, le plus tard possible. Patrick Kron, patron d'Alstom, convoqué par le ministre dès jeudi, a entendu le reproche. Quand à Martin Bouygues, c'est hier après-midi que le ministre de l'Economie a pu, les yeux dans les yeux, lui dire ce qu'il pense de la manoeuvre: le patron a été reçu, hier, à Bercy, juste avant le Conseil d'administration d'Alstom, qui a décidé, finalement, de reporter sa décision. Une victoire, temporaire, pour Arnaud Montebourg, mais qui n'effacera pas le camouflet: Martin Bouygues ne l'a jamais informé des opérations en cours alors même que les 2 hommes se sont vus plusieurs fois, ces derniers temps, dans le dossier de la vente de SFR, alors même que le ministre du redressement productif soutenait Bouygues dans cette bataille, qu'il a "mouillé la chemise pour Bouygues" au risque de se voir reprocher de rouler pour un grand patron. Mais voilà -monde cruel des affaires- pendant ce temps-là, le même Bouygues soutenait une opération, la vente d'une partie d'Alstom, qui, clairement, allait mettre en difficulté le ministre chantre du patriotisme économique. Personne ne s'en fait encore l'écho, mais les murs ont peut-êre tremblé, hier, à Bercy en fin de journée, quand les 2 hommes ont -enfin!- parlé d'Alstom.

300 millions. Manuel Valls pourrait accorder 300 millions d'euros pour les petites retraites. C'est un des gestes attendus par une partie de sa majorité pour voter le plan d'économies de 50 milliards, qui sera discuté, demain, à l'Assemblée. Parmi ces économies: le gel des pensions jusqu'en octobre 2015. En guise d'apaisement avec sa majorité, le Premier ministre serait prêt, selon les Echos ce matin, à épargner les petites retraites, non plus seulement au niveau du minimum vieillesse (792 euros par mois), mais jusqu'aux pensions atteignant 1 000 à 1 200 euros. Coût de la mesure: 300 millions d'euros. Le gouvernement pourrait faire, également, un geste en faveur des fonctionnaires, condamnés, à ce stade, à 7 ans de gel de leur point d'indice. Le gel du "plan pauvreté" pourrait, également, être réduit à 6 mois, au lieu de 12.

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