Demain, il n'y a pas que les trains qui n'arriveront pas à l'heure, pour cause de grève. Les chiffres mensuels du chômage, eux aussi, vont faire faux bond. Et là encore, c'est une grève qui empêche leur publication. En fait, c'est la dernière "trouvaille" (si on peut dire) des agents de la statistique publique, INSEE en tête, qui grognent depuis septembre contre le projet de délocalisation d'une partie de leurs services à Metz, en compensation de la fermeture d'une caserne. Les syndicats de l'INSEE et le Collectif mis en place dénoncent ce qu'ils considèrent comme un démantèlement du service public de la statistique. Depuis septembre, ces agents en colère multiplient donc les actions de protestation : grèves, manifestations -c'est classique- mais aussi opérations plus ciblées, plus originales qui devraient plaire au ministre du budget, Eric Woerth, qui hier à ce micro, plaidait pour d'autres actions que la grève. C'est ainsi que la publication de plusieurs enquêtes statistiques a été bloquée récemment. Et c'est pourquoi, demain, les chiffres du chômage pour le mois de décembre ne seront pas rendus publics. Concrètement, depuis vendredi, le bureau des 2 personnes chargées de calculer le nombre de demandeurs d'emplois est occupé en permanence par d'autres agents qui les empêchent de faire leur travail. A moins que l'ANPE ne sorte ses propres estimations, on ne saura pas de combien le chômage a augmenté en décembre, jusqu'à nouvel ordre, puisque aucune nouvelle date de publication n'est prévue, à ce stade. Les agents de statistiques peuvent se dire qu'ils ont, d'ores et déjà, réussi leur coup : on parle d'eux. Ils savent aussi qu'avec cette action (un peu potache), ils gênent le Secrétaire d'Etat à l'Emploi qui est chargé de commenter, chaque mois, ces chiffres, tous mauvais depuis son arrivée. C'est enfin une sorte de "retour à l'envoyeur": Laurent Wauquiez, ces derniers mois, ne s'est pas gêné pour révéler des estimations du chômage avant même que le travail des statisticiens soit totalement terminé ! Le Forum de Davos débute, aujourd'hui. C'est la 39ème édition. 2 500 "décideurs", patrons, chefs d'Etat, directeurs de grandes institutitions du monde entier, sont attendus dans les Alpes suisses. C'est le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, qui doit prononcer le discours inaugural. La crise mondiale dominera les débats forcément, avec un peu d'autocritique (espérons-le) et avec la question de la refonte du système financier. L'Etat au capital d'une banque ? L'Etat français pourrait détenir prochainement environ 20% de BNP Paribas. C'est la première fois que Christine Lagarde, la ministre de l'économie, évoque publiquement cette hypothèse. Rien n'est fait, donc. Encore moins l'idée de réclamer un siège pour l'Etat au Conseil d'administration de la banque. BNP Paribas a annoncé, il y a 2 jours, une prochaine augmentation de son capital. Les banques, encore. L'Etat a déjà perçu 380 millions d'euros, au titre des prêts consentis aux banques. Et s'apprête à engranger plus de 800 millions supplémentaires, d'ici la fin de l'année. Précision de Bercy, hier, qui souhaite montrer que l'aide aux banques n'est pas un "cadeau". Toutefois, "Le Figaro" de ce matin, rappelle quand même qu'une partie de ces sommes restent déductibles des impôts, payées par les banques.

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