C’est un syndicaliste. C’est le chef de file d’une organisation mondiale, peu connue en France : l’«Uni Global Union». Elle regroupe pas moins de 900 syndicats répartis dans 150 pays. 20 millions d’adhérents, au total, qui travaillent dans le secteur des services et de la connaissance. Hier, après avoir écouté Nicolas Sarkozy, on était surpris de le trouver plutôt enthousiaste. « Il a raison, votre président » lâche Philip Jennings. « Les projets de Nicolas Sarkozy pour le G20 sont les bons : la régulation bancaire, la lutte contre la spéculation sur les marchés des matières premières, la bataille contre les paradis fiscaux. Et la taxe sur les transactions financières qui doit alimenter l’aide aux pays pauvres ». Peut-il y arriver, le Président français ? Tiendra-t-il tous ses engagements? «J’espère» répond ce syndicaliste, faussement naïf. En fait, les beaux discours de ce genre, prononcés, ici, au Forum de Davos- il les connaît bien : ça fait 16 ans qu’il vient ! Il raconte comment ça a commencé : en 94, dit-il, j’en ai eu marre de voir comment le Forum de Davos était omniprésent dans les médias, comment, les « grands de ce monde » arrivaient à imposer leur seule manière de penser. On était au début de la «globalisation». Il demande alors à rencontrer le patron de Davos. Qui l’invite. «Je me suis retrouvé au beau milieu d’un monde hostile » raconte-t-il, alors que beaucoup de ses amis ont préféré, eux, rejoindre les altermondialistes. A Porto Allegre, ou aux portes même de Davos ! «Ok, mais il faut être aussi à l’intérieur !» explique Philip Jennings ! Pour peser. Sur l’ordre du jour des travaux. Et dans les débats. Mercredi, par exemple, à une tribune, il a exhorté les grands patrons à cesser de faire aux salariés les conséquences de la crise. «Vous ne parlez, ici, que déficit, monnaie, grands équilibres… parlez de l’emploi !». Pour justifier encore sa présence, le syndicaliste Jennings explique qu’ici, il obtient de précieux rendez-vous avec les puissants : «10/15 minutes avec un Chef d’Etat, c’est impossible autrement, et ça permet de faire passer des messages». Comme l’importance d’une taxe sur les transactions financières. Davos, 3ème jour. On parle beaucoup de l'euro « Jamais Angela Merkel et moi, ne laisseront tomber l’euro», c’est la petite phrase de Nicolas Sarkozy hier, au Forum. Il paraît qu’elle a participé à la remontée, sur les marchés, de la monnaie européenne face au dollar. Jean-Claude Trichet, le président de Banque Centrale Européenne était, lui aussi, à Davos hier. Il a affirmé, de son côté, qu’il n’existe pas de « crise de l’euro ». On ne parle, pourtant que de ça, ici… C’est encore ici à Davos qu’hier, la Chine a promis d’être « plus ouverte » à l’avenir. Sur le plan économique. Le ministre chinois du commerce a assuré que son pays va davantage s’ouvrir aux produits et services étrangers. Il a promis aussi de favoriser la consommation, des ménages chinois.

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