Cela fait, 18 mois qu'Anne Lauvergeon a quitté la tête d'Areva, le groupe nucléaire français. Depuis ce départ forcé, on l'a annoncé un peu partout. Ministre. A la tête de Thalès, de la Banque Publique d'Investissement, d'EDF (pour une revanche sur Henri Proglio qui a oeuvré, à l'époque auprès de Nicolas Sarkozy pour la débarquer d'Areva). Ou encore, tout dernièrenement, à la tête de France Telecom Orange, à la place de Stéphane Richard. Mais, 18 mois plus tard, c'est finalement, à EADS, la maison, mère d'Airbus, qu'Anne Lauvergeon devrait atterir. "Devrait", on utilise le conditionnel parce que tout n'est pas encore définitivement décidé, et comme elle a, déjà, connu plusieurs déceptions, parfois, toute proche du but, on préfère rester prudent. Sans doute, l'est-elle aussi. Ce qui est sûr, à ce stade, c'est qu'Anne Lauvergeon va faire son entrée au Conseil d'administration d'EADS. Bercy l'a confirmé, hier soir. Tout comme le renouvellement de Jean-Claude Trichet, l'ancien président de la Banque Centrale Européenne. Mais Anne Lauvergeon ne devrait pas s'arrêter là. Elle est la candidate de Paris pour devenir la présidente non-exécutive d'EADS. Matignon, hier, a confirmé: "le gouvernement y est très favorable. Elle a les qualités requises". Et depuis l'Elysée, on laisse dire que Berlin serait également d'accord pour choisir Anne Lauvergeon, comme présidente. L'ancienne patronne d'Areva serait allée défendre sa candidature, sur place, il y a quelques jours. Et François Hollande et Angela Merkel, qui se sont vus, longuement, la semaine dernière, à l'occasion des 50 ans du Traité d'amitié entre les 2 pays, se seraient mis d'accord sur ce scénario. Tom Enders, un Allemand, un homme, à la présidence opérationnelle du groupe. Anne Lauvergeon, une femme, une Française et une industrielle, à la présidence non-exécutive. Reste à le faire valider, ce scénario, au sein de l'entreprise. Avec une petite dose de suspense, quand même, dans un contexte où EADS cherche à gagner son indépendance face aux 2 Etats actionnaires, jusqu'ici très interventionnistes. Le nouvel Accord de gouvernance de l'entreprise, signé en décembre dernier, fixe de nouvelles règles. Mais, on voit, qu'au final, les vieilles habitudes reviennent, avec des gouvernements qui veulent, encore, décider de tout.

"Attention, la crise n'est pas finie!" C'est le message, une sorte d'alerte, lancée par le ministre suédois des finances, ce week-end. Anders Borg estime qu'il faudra des années pour résorber le chômage, devenu massif. Pour surmonter, aussi un "sentiment de malaise", dit-il. Il poursuit: "il existe un grand écart entre les acteurs des marchés financiers, qui pensent que l'essentiel des problèmes son résolus (on les a entendu à Davos, la semaine dernière), et ceux qui sont dans l'économie réelle.Les places boursières sont au plus haut. En Europe, comme ailleurs. A Wall Street, le Dow Jones devrait s'approcher, cette semaine, de son plus haut niveau historique, datant d'octobre 2007.Et de 2! En Italie -preuve qu'il reste encore des "cadavres dans le pacard"- la banque centrale a accepté, hier, de se porter au secours de Monte Paschi, la plus vieille banque du monde. Un prêt public, de presque 4 milliards d'euros, rendu nécessaire après la découverte de pertes financières importantes sur le marché des produits dérivés. Il s'agit du 2ème plan de sauvetage de cette banque italienne, en moins de 4 ans.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.