Jérôme Guedj, député PS de l'Essonne, n'a pas été surpris par l'extrait du discours de François Mitterrand diffusé, hier, dans le billet de 7h43 de Patrick Cohen. Pour ceux qui l'ont raté: on entend, en novembre 82, à Marseille, le Président de la République de l'époque expliquer qu'il n'est pas normal que les entreprises supportent le poids de la politique familiale, et promet la suppression de leurs cotisations "dans les 5 ans qui viennent". 30 ans plus tard, on en est exactement au même point. Jérôme Guedj connaissait ce discours: quand il donnait des cours à ScPo sur la protection sociale, il le rappelait souvent. Il l'a revu, récemment, sur internet, mais sa diffusion, hier matin, sur France Inter, a réveillé sa curiosité: "il faut que j'appelle Bianco, pour qu'il me raconte les détails de toute cette histoire" (Jean-Louis Bianco, à l'époque secrétaire général de l'Elysée). "Lui doit se souvenir, dit Guedj, qui, à l'époque, a soufflé cette idée à François Mitterand (quel "visiteur du soir") et, surtout, qui l'a tuée!". Les syndicats, on le sait, étaient vent dedout. Jérôme Guedj, en tout cas, note que François Mitterrrand faisait cette promesse, avant même le "tournant de 83"! Pour le député PS, c'est évidemment une source d'interrogation alors que l'idée de supprimer les cotisations "famille" des entreprises a refait, une nouvelle fois, surface et qu'elle est portée, désormais, par le gouvernement, dans le cadre du "pacte de responsabilité". Lui qui est situé à la gauche du PS pense que les effets sur l'emploi d'une baisse généralisée des charges n'est pas démontrée. Il pose, par exemple, cette excellente question: si les 20 milliards d'euros du CICE étaient consacrés, non pas à la baisse des charges, mais à des investissements publics, des grands travaux, l'effet sur l'emploi ne serait-il pas, plus immédiat? Surtout, Jérôme Guedj rappelle un point: contrairement à l'idée véhiculée aujourd'hui (et par François Mitterrand, en 82), les entreprises bénéficient de la politique familiale. "Directrement et au premier chef" écrivait même la Cour des Comptes dans un récent rapport, puisque l'un de ses objectifs est de "faciliter la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle". La Cour en chiffrait l'impact: de 1,4 à 1,8 points de cotisation. Pourquoi donc, ne pas laisser, cette partie de la politique familiale à la charge des entreprises?

Explosif. Les propositions "explosives" de la CGPME, concernant l'indemnisation des chômeurs. Les négocations sur l'avenir de l'Assurance-chômage reprennent cet après-midi, et l'organisation des petites et moyennes entreprises a rendu publiques, hier, ses pistes de réforme. Elles vont faire hurler les syndicats. La CGPME propose de rendre les allocations dégressives à partir d'un an d'inscription à Pôle Emploi. Elle propose aussi d'allonger de 4 à 8 mois, la durée de cotisation minimum pour obtenir une indemnisation. Un chômeur, selon ses propostions, devrait être radié après 2 refus d'offres raisonnables d'emploi. La CGPME propose, encore, de créer une "cotisation exceptionnelle de solidarité", payée par les fonctionnaires, même s'ils ont la garantie de l'emploi.Spéculateurs. Cristina Kirchner dénonce les "pressions spéculatives" contre les monnaies des pays émergents. C'est sur Twitter que la présidente argentine s'est exprimée, hier. "Certains veulent nous faire manger de la soupe avec une fourchette" écrit-elle. Depuis quelques jours, le rouble russe, le rand sud-africain, la livre turque et le peso argentin dévissent, sur le marché des changes.

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