C'est ainsi que François Baroin, hier, a qualifié TVA réduite dans la restauration. Jeudi prochain, le 1er juillet, marquera le 1er anniversaire du passage de 19,6 à 5,5% de cette TVA. La fin d'un long combat pour les restaurateurs, et le début, pour tous les autres, d'une vaste controverse. Qui est loin de prendre fin! Le ministre du budget hier, a donc mis, à son tour, les pieds dans le plat: François Baroin a reconnu qu'il avait bien du mal, par ces temps de disette budgétaire, à voir (je cite) "se promener, comme ça, un truc à 3 milliards d'euros" (c'est-à-dire le coût annuel estimé de la mesure pour les finances de l'Etat). Contredisant, mot pour mot, son collègue secrétaire d'Etat (qui a porté la mesure), Hervé Novelli, François baroin a qualifié cet avantage accordé aux restaurateurs, de "très, très grosse niche fiscale". Ajoutant que, comme pour toutes les autres niches, il y mettrait bien un "coup de rabot", en instaurant, pourquoi pas -c'est lui qui lance l'idée- un taux de TVA nouveau, supérieur à 5,5, mais inférieur à 19,6%. C'est classique: alors que tous les arbitrages budgétaires ne sont pas encore rendus, le ministre du budget tente un ultime "passage en force", et plaide, donc (mais sans trop y croire) pour une remise en question de la mesure qui coûte si cher à l'Etat. Dans le camp d'en face (chez les partisans de la mesure), on sait que cette semaine, sera une semaine difficile: ce premier anniversaire tombe, pile, au moment où il faut décider de l'ampleur des économies à réaliser. Le "coup de rabot": voilà, donc, le danger! D'où cette nouvelle offensive pour expliquer que la TVA à 5,5 a eu des effets positifs! Sur l'addition payé par les clients... pas autant que prévu, bien sûr mais "un peu quand même", disent-ils: "il y a eu une baisse de 2,5%" affirme même la Direction du Trésor, qui a décidé de prendre en compte l'inflation sous-jacente, c'est-à-dire l'augmentation des prix qui aurait été constatée, sans la mesure. L'INSEE, lui, n'a revelé qu'une baisse de 1,3%. Loin de ce qui était promis! Sur les salaires, les syndicats se disent, également, très déçus. Reste, du coup, l'effet sur l'emploi. La baisse de la TVA aurait permis de créer plus de 20 mille postes dans le secteur. C'est, donc, cet argument qui est, aujourd'hui, avancé par les défenseurs de la TVA réduite dans la restauration. Il se veut, évidemment, décisif, en cette période de chômage massif. C'est un G20 "à la carte" qui s'est achevé, cette nuit, à Toronto. Avec un communiqué final, qui n'impose rien, à personne! C'est le signe, pour les observateurs, de la trop grande diversité des situations entre pays émergents et pays développés, d'une part. Américains et Européens, de l'autre. Résultat: chacun est prié de faire... ce qu'il veut: pour soutenir la croissance ("il faut prendre en compte les circonstances nationales", explique le texte final), pour réduire les déficits publics (chacun à son rythme, là aussi), ou encore pour instaurer une "taxe sur les banques": "certains l'imposent quand d'autres ont choisi une approche différente" se satisfait, ainsi, le G20. Nicolas Sarkozy reconnaît qu'il ne s'agit pas d'un "Sommet historique". Niches et RGPP. Pendant ce temps, à Paris, son gouvernement prépare un nouveau "tour de vis" de la rigueur. François Baroin parle d'un "coup de rabot" sur les niches ficales, non plus de 5 (comme prévu initialement, non plus de 8 (comme François Fillon l'a laissé entendre, vendredi) mais de 10 milliards d'euros. Côté dépenses, le gouvernement doit annoncer, cette semaine, un plan supplémentaire d'économies, là aussi de 10 milliards, dans le cadre de la RGPP, la Révision Générale des Politiques Publiques.

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