Pourquoi EDF lance-t-elle un grand emprunt auprès des particuliers ? Depuis l'annonce, hier matin, du lancement de l'opération (ce matin, on apprend le taux de rémunération exact retenu : 4,5%, ce qui est plutôt intéressant) - on n'obtient pas une réponse claire et nette. Unique, en tout cas. L'électricien a beaucoup dépensé ces derniers mois (on le sait), s'est endetté mais EDF n'a pas, pour autant, aujourd'hui, ce qu'on apelle de "problèmes de signature". Sur les marchés, l'entreprise trouve tout l'argent dont elle a besoin pour financer cette dette... et à un bon prix ! Alors pourquoi, du coup, faire appel au public ? C'est un "coup de pub" pour les uns. Une tentative de "plébiscite déguisé" pour le nucléaire, disent les... anti-nucléaire. Pour d'autres, c'est encore un "test grandeur nature" pour un éventuel grand emprunt, public, cette fois-ci lancé par l'Etat, qui est lui aussi à la recherche d'argent frais. C'est un peu tout ça à la fois mais c'est aussi le signe qu'aujourd'hui, les grandes entreprises ont un peu de mal, avec leur source de financement traditionnelle en France : à savoir, les banques ! Elles prêtent toujours (ou prêtent, à nouveau) mais c'est à des conditions moins avantageuses que quand les sociétés du CAC40 passent directement par les marchés. C'est pour ça que les augmentations de capital et que les grands emprunts obligatoires se sont multipliés ces dernières semaines : Danone, Saint-Gobain, Lafarge, GDF-Suez... ArcelorMittal (qui utilise tous les leviers)... EDF donc, qui innove avec cet appel aux ménages français. Tout ça renvoit, finalement, une impression un peu inquiétante de précipitation. Si toutes ces opérations sont lancées, c'est qu'elles devenaient urgentes pour certains. C'est aussi parce que la bourse connaît une embellie depuis début mars. Une embellie qui pourrait ne pas durer : ces "appels au marché", ces opérations de refinancement, sont autant de manoeuvres de "précaution". Les grandes entreprises agissent comme si elles anticipaient, désormais, un retour plus tardif que prévu, de la croissance. L'avenir de General Motors, Opel et Chrysler toujours en suspens. C'est un vrai suspense sauf, peut-être, pour General Motors qui semble aller, tout droit, vers la mise en faillite (après l'échec des négociations avec certains de ses créanciers). Et vers une nationalisation dans la foulée, puisque le gouvernement Obama envisage de prendre 70% de son capital. Pour Chrysler, c'est le Tribunal des faillites de New York qui étudie depuis hier la viabilité de son Plan de relance, avec Fiat. Décision aujourd'hui, ou au plus tard demain. Enfin, en ce qui concerne Opel, son dossier bloque à Berlin. Deux repreneurs restent en lice : Fiat et l'équipementier canadien Magna. La bien timide reprise du dialogue entre le Médef et les syndicats. C'était hier. Les partenaires sociaux sont convenus d'un programme de négociations sociales pour les mois à venir. L'une d'elles concerne l'emploi, mais sera limitée, en fait, au chômage partiel. La question du partage des richesses pourrait, elle, ne pas trouver sa place, en tout cas pas avant le 15 juillet, date-limite pourtant fixée par le gouvernement. Le pétrole, toujours en hausse. 63 dollars, le baril hier. L'Opep se réunit aujourd'hui.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.