On vit, décidément, une période étonnante, inédite, en ce moment. C'est une période où on entend les plus ardents pourfendeurs des paradis fiscaux dire, enfin, leur satisafaction devant les décisions prises. Je vous assure, c'est surprenant. On était habitués, ces dernières années, en les appelant à les entendre critiquer les mesures annoncées, railler les déclarations péremptoires (là, il y avait de quoi: "les paradis fiscaux, c'est fini"), pointer, surtout, les limites "béantes" des décisions prises. Aujourd'hui, rien de tel. On pourrait dire que ça a commencé avec la loi bancaire, adoptée en France, au début de l'année. On la juge timorée parce qu'elle ne coupe pas les banques en 2, mais l'un de ses dispositifs (l'obligation pour les banques de déclarer leurs activités, pays par pays, et donc, aussi paradis fiscal par paradis fiscal) a été jugé comme "très bonne nouvelle". Après l'affaire Cahuzac, les avancées européennes sur l'échange automatique d'informations (qui doivent être encore confirmées), là encore, ont été jugées, par les principales ONG, comme très positives pour lutter contre le secret fiscal. Une autre décision, toute récente, vient encore de les satisfaire. Elle est plus discrète mais tout autant efficace, si on en croit, les experts de ce combat contre les centres offshore. Sous l'impulsion de son ministre de tutelle, Pascal Canfin, l'AFD, l'Agence Française de Développement vient de se doter d'une liste élargie de paradis fiscaux, avec lesquels, l'organisme ne pourra plus travailler, à l'avenir. Autrement dit, ne pourra plus y faire transiter l'argent de l'aide au développement. Pour Pascal Saint-Amans, expert de ces questions à l'OCDE, "c'est le début des vrais problèmes pour ces paradis fiscaux parce qu'on commence, là, à leur retirer des ressources importantes". "C'est vraiment efficace, d'autant que la Banque Mondiale fait de même". Le ministre vante la démarche: "le but c'est d'appliquer à l'AFD les règles les plus strictes en la matière, sans stigmatiser tel ou tel pays". Mais les ONG, elles, saluent l'extension de la définition de ce qu'est un paradis fiscal. L'Agence Française de Développement, en accord avec Bercy, ne s'est pas contenté de la liste officielle française, sur laquelle ne figurent que 8 noms, mais l'a étendu à 9 autres en croisant la première liste avec celle du Forum mondial sur la transparence. Résultat: la Suisse fait son apparition sur cette "nouvelle liste noire". Les Emirats Arabes Unis. Et le Panama, où transite, aujourd'hui, une bonne partie de l'aide publique à l'Amérique latine.

Moins. 27 mille postes de fonctionnaires ont été supprimés, l'année dernière, en France. Et pour la première fois le taux de non-remplacement des départs en retraite a dépassé 60%: on est bien au-delà du "1 sur 2", prôné sous l'ère Sarkozy: information des Echos. Les embauches dans l'Education nationale, décidé par la Gauche arrivant au pouvoir l'année dernière, n'ont pas inversé la tendance. En fait, si le taux de non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite a été si élevé, c'est que les départs ont été moins nombreux que prévus. C'est la conséquence du relèvement de l'âge légal et de la fin des retraites anticipés, dans la fonction publique, pour les parents de 3 enfants.Pendant le quinquennat Sarkozy, près de 150 mille postes de fonctionnaires ont été supprimés.Plus. D8, la petite chaîne qui monte. Rachetée en octobre dernier par Canal+ (qui y a mis de gros moyens financiers), elle vient de se placer en tête des chaînes TNT, sur une semaine.

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