Première partie, chapitre 1, titre premier: il ne faut pas attendre longtemps, lire beaucoup de pages de son dernier rapport pour connaître le sentiment de la Cour des Comptes sur la situation budgétaire de la France. Première partie, chapitre 1, titre premier sur le budget 2014, un"résultat (...) décevant" , écrit la Cour. Tout est dit dans les lignes qui suivent: la réduction du déficit, menée depuis quelques années, a été interrompue, l'année dernière.En 2014, le déficit budgétaire s'est élevé à plus de 85 milliards d'euros, soit dix de plus qu'en 2013 . La Cour s'amuse, ou plutôt s'agace avec certaines comparaisons: le déficit en 2014 est supérieur à ce que rapporte, par exemple, l'impôt sur le revenu. Supérieur, encore, aux dépenses régaliennes de l'Etat (la défense, la justice, etc...). Supérieur aux dépenses en faveur des ménages, des entreprises et des collectivités locales. Sur la dette, même constat amer de la Cour des comptes : "Elle continue , écrit-elle, à croître à un rythme soutenu ". 1 528 milliards, fin 2004 . Mais voilà, pour elle, il y a un petit miracle : son coût, sa charge, la charge de la dette continue de se réduire. Dit autrement : plus la France s'endette, moins ça lui coûte cher. C'est évidemment la baisse des taux d'intérêt qui explique ça, et comme la Cour des Comptes est la Cour des Comptes et qu'elle est là pour ça, elle ne peut s'empêcher, évidemment, d'alerter. Une telle configuration ne durera pas la nuit des temps, et quand la remontée des taux commencera, c'est évidemment là que la situation deviendra très dangereuse. La Cour des Comptes rappelle l'effet "boule de neige" à l'œuvre depuis 2008, en France : les taux d'intérêt sont bas, mais ils restent supérieurs à la croissance. Conséquence : la France s'endette pour payer les intérêts passés !La Cour a fait ce calcul, qui a le mérite de la clarté : pour éviter ce phénomène, la France, l'année dernière, aurait dû afficher un déficit de 11 milliards. Il a dépassé les 85 milliards .

Faux espoir ? L'espoir d'un accord sur la dette grecque a fait bondir le CAC 40, hier. Un bond de presque 2%, sur la foi d'une déclaration d'un "haut responsable grec", hier après-midi. Il est resté anonyme, mais a affirmé que son pays et ses créanciers avaient commencé la rédaction d'un texte de compromis, autrement dit que la sortie de crise était enfin en vue. Il précisait, surtout, que cet accord ne prévoyait pas de baisse des salaires, ni des pensions. Et qu'il réduisait l'effort budgétaire demandé à Athènes. Les démentis sont tombés de toutes parts, depuis. Par exemple, à Berlin, où on trouve, à l'inverse, que les négociations avec les Grecs n'avancent guère.

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