C'est un proche de Laurence Parisot qui parle: "si le vote, ce matin, ne lui est pas favorable, si la réforme des statuts qu'elle propose n'est pas adoptée... eh bien, Laurence dira simplement que c'est dommage pour l'organisation patronale, dommage pour l'approfondissement de la démocratie interne qu'elle proposait". A l'entendre, il ne s'agirait, donc, que de ça. Et pas de tout de l'avenir personnel de la présidente du Medef. Ses détracteurs disent que si elle s'est lancé dans cette bataille (une réforme des statuts pour permettre sa reconduction à la tête de l'organisation), c'est par goût du pouvoir, et parce qu'elle n'a rien de mieux à faire, ensuite. Elle, et ses proches, jurent qu'au contraire, c'est l'avenir du Medef, et de tout le mouvement patronal, qui est en jeu, aujourd'hui. Ils font le coup, autrement dit, de la dramatisation, un "classique" de campagne. Alors Laurence Parisot se présente comme la seule capable de résister à ceux qui veulent transformer le Medef, dit-elle, en "outil de combat". Selon elle, ses adversaires, aujourd'hui, seraient les tenants soit d'une ligne "anti-syndicats", "anti-paritarisme". Soit d'une ligne "anti-gauche". "Il y a, au Medef, des patrons, parfois encartés UMP, qui pensent qu'on ne peut pas travailler avec un gouvernement socialiste. Ils reprochent à Laurence, d'avoir salué le Crédit Impôt Compétitivité, par exemple" explique ce proche de la présidente du Medef. Laurence Parisot qui aujoud'hui, après avoir vanté le bilan de Nicolas Sarkozy, s'auto-proclame "hollando-compatible". Ses propos, très offensifs, tenus dans les Echos lundi, ont beaucoup agacé ses opposants. Les candidats déclarés à sa succesion ont même réfléchi, quelques heures, à l'idée de publier un texte commun pour dénoncer, à leur tour, la violence des attaques mais ont renoncé, finalement. Flairant un piège. C'est ça aujourd'hui l'ambiance au Medef. Un Conseil exécutif, qui va voter, avant midi tout à l'heure, dans une salle, où des brouilleurs (dit-on,) ont été installés, pour que rien de filtre. Et où on craint une dernière astuce de la présidente, qui pourrait, utilisant un article oublié des statuts, passer outre le vote, et convoquer une Assemblée générale. Ses proches préfèrent expliquer que si elle perd, elle restera, quoiqu'il arrive présidente jusqu'au mois de juillet, date de la fin de son mandat actuel. Elle pourra, donc, peser sur l'élection à venir. Et choisir son successeur.

Passer les plats. Un mois après la révélation du scandale des "lasagnes à la viande de cheval", les ventes de plats surgelés, à base de viande de boeuf, continuent de reculer, selon les Echos ce matin. Dès les premiers jours de l'affaire, les magasins avaient enregistré un recul de 45%. On est toujours dans ces proportions! -43%, selon le dernier pointage. Pour la filière, c'est une perte d'un million d'euros de chiffre d'affaires, par semaine. Mais cette crise de confiance des consommateurs, plus largement, touche "l'ensemble des plats préparés, frais et surgelés, avec ou sans viande". "Le secteur va devoir se restructurer" estime un professionnel.C'est fait! Carlos Ghosn affirme que la baisse de son salaire est bien "effective" depuis la signature de l'Accord de compétitivité, avec les syndicats. Pierre Moscovici, hier, disait attendre encore ce "geste", promis par le patron de Renault, une réduction de 30% de la part variable de sa rémunération.

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