La question n'est pas futile, puisque si on en croit l'économiste Daniel Cohen, le consommateur américain, c'est "l'épicentre" de la crise économique mondiale que nous sommes en train de vivre. En vivant à crédit et en consommant beaucoup plus que ce qu'il produisait, il était depuis presque 10 ans, celui qui tirait la croissance mondiale, et faisant notamment tourner à plein régime les usines chinoises. Aujourd'hui, le consommateur américain a disparu. Ou quasiment. Le mois dernier, aux Etats-Unis, la consommation a reculé de 1% : on n'avait pas vu ça depuis les attentats du 11 septembre 2001. L'explication est simple. Et elle est triple. D'abord, les Américains ont peur de perdre leur emploi : ils réduisent, du coup, leur train de vie. Ensuite, l'éclatement de la bulle immobilière provoque l'effondrement de la valeur de leur maison. Les Américains voient donc disparaître (ainsi est fait le système du crédit hypotécaire, aux Etats-Unis) leur capacité à emprunter. Dernière explication : c'est l'effondrement de la bourse. Les pensions de retraite (merci le régime par capitalisation...) les pensions de retraite américaines se réduisent. Bref, le consommateur américain n'a plus les moyens d'acheter. Et quand il les a encore, il n'en a plus envie. C'est dans ce contexte qu'a lieu aujourd'hui le fameux "Black Friday", c'est le vendredi qui suit Thanskgiving, et c'est traditionnellement, aux Etats-Unis, le lancement de la période des achats de Noël : un jour de soldes et de promos massifs. Les magasins réalisent, pendant ce week-end, 10% de leur chiffre d'affaire annuel : rien que ça. Ce "vendredi noir" va, donc, aujourd'hui avoir valeur de "test" grandeur nature : l'évaluation du niveau de confiance des Américains. Pour les grandes chaînes de magasins, en tout cas, c'est la dernière occasion de sauver une très mauvaise année. Macy's, le grand magasin new yorkais, a perdu 44 millions de dollars, le trimestre dernier. La hausse du chômage en France s'accélère. 46 900 demandeurs d'emploi supplémentaires, inscrits en 1 mois à l'ANPE : c'est inédit depuis 15 ans. Il y a en France, plus de 2 millions de chômeurs, désormais, dans la catégorie "officielle". Sans surprise : les fins de mission d'intérim sont en forte hausse. Tout comme les licenciements économiques. Le chômage progresse plus vite chez les jeunes. ArcelorMittal annonce la suppression de 9 mille emplois supplémentaires, dont 6 mille en Europe. Pour les syndicats, ce nouveau Plan sert, avant tout, à redresser le cours de bourse de l'aciériste. Le RSA, adopté définitivement hier, au Parlement. Il remplacera le RMI, à partir du 1er juillet prochain. Vers un allègement des règles pour les appels d'offre des marchés publics. C'est Nicolas Sarkozy qui l'a promis, hier, aux Maires de France. L'idée est d'encourager les investissements en cette période de crise. Selon "La Tribune", ce matin, le seuil de 200 000 euros, à partir duquel un appel d'offres est obligatoire, pourrait être tout simplement suspendu pendant un temps limité.

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