La dette, c'est son fond de commerce. Il en a fait un livre. "Anti-dette", sorti en 2007. Il en a fait aussi sa marque de fabrique politique. Thierry Breton a été ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, à la fin de "l'ère Chirac", entre 2005 et 2007. Déjà à l'époque, cette prise de consience de fin de mandat: "on a trop dépensé!". Thierry Breton, à la tête de Bercy, affiche, donc, sa volonté de lutter contre le déficit et la dette. Il quittera Bercy, en 2007, avec cette image de ministre vertueux, persuadé, comme tellement d'autres, d'avoir été le premier à porter ce thème dans l'opinion publique. Aujourd'hui, en tout cas, reconnaissons qu'il a une certaine légitimité à parler de la dette. Et les Echos, ce matin, lui accorde une longue interview. Thierry Breton livre, ainsi, ses réfléxions sur la situation actuelle. La dette, depuis son départ de Bercy, a augmenté de 500 milliards d'euros, note-t-il. Avec ce petit coup de griffe, que ne reniera pas la Gauche: "la moitié -la moité seulement- est imputable à la crise. Le reste donc, à la politique menée. Drôle, lui qui avait réussi, "avec Jean-François Copé", précise-t-il (on insulte pas l'avenir en rappelant que l'actuel secrétaire général de l'UMP a été son ministre du budget), à réduire l'endettement de la France, quand il était au gouvernement, refuse d'expliquer comment a pu se produire un tel dérapage, ensuite. La ficelle est énorme: "je ne peux pas répondre à cette question. J'enseignais à Harvard, et je n'étais donc plus aux affaires (ne pas insulter le présent, non plus). Pour ne pas revivre ça, en tout cas, Thierry Breton n'a pas de solution miracle, et milite, aujourd'hui, pour l'introduction de la règle d'or budgétaire dans la Constitution. Pour lui, c'est la seule manière qu'on la Droite et la Gauche de rassurer les marchés (alors que la France, en 2013, deviendra le premier pays émetteur de dette, en Europe). Pour réduire les dépenses de l'Etat, il avance, à la fin de l'entretien, une seule idée concrête: une gestion plus intelligente du parc informatique de l'Etat. Des solutions que vend l'entreprise, Atos... qu'il dirige aujourd'hui! Thierry Breton a une autre qualité: il ne perd jamais le Nord.

Carton général. Les notes de tous les pays européens sont menacées par la crise. C'est ce qu'affirme, ce matin, Moody's. L'agence de notation estime que l'aggravation de la crise de la dette, et l'aggravation de la situation de banques de la zone euro, menacent la qualité de crédit de tous les Etats européens. Y compris ceux considérés comme les plus solides. Pour Moody's, la zone euro reste forte, économiquement et financièrement, mais c'est la faiblesse de ses institutions qui pèse.Justement. Paris et Berlin négocient, en ce moment, une réforme de ces institutions. On évoque, depuis hier, une solution bilatérale, l'idée d'un "pacte de stabilité renforcé".

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