Par petites touches, on en apprend un peu plus sur la manière dont le Président de la République et le gouvernement ont décidé de frapper fort sur la compétitivité. Hollande, Ayrault, il y a 1 mois, on les disaient prêts à enterrer le rapport Gallois, et finalement ils en ont repris presque toutes les propositions, en créant notamment le Crédit d'impôt pour la Compétitivité et l'Emploi. Dans "Le Point" de cette semaine, Jean-Marc Ayrault raconte que c'est 10 jours avant la remise du rapport Gallois que la décision a été prise. "Dimanche 28 octobre, de retour du Congrés PS de Toulouse, j'ai rejoint directement François Hollande à l'Elysée. Et c'est là que nous avons tout décidé: d'aller vite et de prendre tout le monde par surprise". Si Le Premier ministre s'attribue le choix d'annoncer des mesures "fortes" dès le lendemain du rapport Gallois, c'est François Hollande, en revanche qui revendique la paternité du Crédit d'impôt. A Bercy, Pierre Moscovici confirme: "l'idée ne vient pas d'ici, c'est le Président qui l'a eu. En vantant immédiatement cet avantage sur la baisse des charges: "le crédit d'impôt ne pèsera sur les comptes publics qu'à partir de 2014". Au sein du gouvernement, on l'affirme aujourd'hui: "en prenant des décisions, aussi forte et rapidemment, on a réussi, en 24h, à inverser la situation. Les patrons qui n'avaient que des critiques à nous adresser, nous ont dit "bravo". Pas sûr qu'un tel récit plaise à toute la gauche, mais il explique, en tout cas, pourquoi, depuis ce moment précis, le gouvernement a décidé d'aller vite sur son "Pacte de compétitivité". Et pourquoi il veille à ne pas casser la confiance retrouvée avec le patronat. Aller vite. Les mesures, dès aujourd'hui et contre l'avis de plusieurs ténors socialistes à l'Assemblée nationale, doivent ainsi être examinés par la Commission des Finances. Matignon a fait passer le message: "pas question d'introduire dans le texte, des conditions pour décrocher la nouvelle aide. Le dispositif doit rester simple, sinon il n'aura aucun effet", soit exactement, l'argument du patronat. Qui obtient aussi satisfaction -les députés PS viennent de le découvrir- sur des modalités précises du dispositif. Pas de dégressivité du taux de réduction d'impôt, accélération encore (les 20 milliards seront distribués en 2 ans, et non en 3), et puis aucun secteur ne sera exclu, la banque, par exemple. Ni les grandes entreprises. Ce qui fait dire à un député PS: "attention, on prend le risque de devoir signer un chèque, par exemple à Mittal. Il pourrait nous en coûter. Autant que le bouclier fiscal de la Droite, et les chèques du fisc envoyé à Liliane Bettencourt".

Votez! Plus de 4 millions et demi de salariés sont appelés aux urnes, à partir d'aujourd'hui. Il s'agit des premières élections professionnelles dans les TPE, les entreprises de moins de 11 salariés. Tous les secteurs sont concernés. Les professions libérales également, ainsi que les employés à domicile (les nounous...). Le vote, par correspondance, dure 15 jours. Les résultats seront agrégés à ceux obtenus dans les grandes entreprises, et serviront à mesurer la représentativité des syndicats. Pour les TPE, les salariés votent sur "sigle", c'est à dire pour un syndicat, et non pour un représentant, capable de les défendre en cas de problème: c'est la grande limite de l'exercice.

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