Avant hier soir, PSA espérait encore éviter la polémique. Un journaliste, qui demandait des précisions sur ces 21 millions, recevait ainsi, ce sms: "cette somme mentionnée par la CGT n'est en aucun cas un montant perçu par Philippe Varin. Merci de ne pas continuer, ou contribuer à alimenter un faux sujet". Raté. Dès le lendemain (hier matin, donc), un confrère titre: "le patron de PSA part avec le pactole". Et l'affaire démarre vraiment... vite et très fort. Pas un politique ne soutient le grand patron. A l'Elysée, avant et après le Conseil des ministres, François Hollande discute avec ses ministres. Arnaud Montebourg plaide l'intransigeance. Pierre Moscovici est sur la même ligne. Au vu de la situation de l'entreprise, des sacrifices demandés aux salariés, et surtout de la garantie financière que l'Etat a accordé à Peugeot Citroën, le gouvernement choisi la ligne dure. Un élément de langage est choisi: "inapproprié". Pierre Moscovici s'appliquera à le répéter devant les micros, en quittant l'Elysée. Arnaud Montebourg dira, lui, "inadmissible". A PSA, au même moment, on croit toujours pouvoir sauver le patron. Le service de presse explique et réexplique qu'il ne s'agit pas d'un chèque de 21 millions, mais bien d'une rente, une pension de retraite surcomplémentaire, chiffrée, pour la minimiser, nette de charges sociales et d'impôts: 300 mille euros, par an. A la mi-journée Philippe Varin prend une première fois la parole (sur France Info et France Inter) pour se défendre: "je ne toucherai aucune indemnité de départ, j'ai volontairement renoncé à toute rémunération variable. J'ai zéro stock-options, zéro bonus". Mais la pression s'accentue encore. Pierre Moscovici l'appelle. Mais aussi les patrons du Medef et l'AFEP, l'association patronale des grandes entreprises. Et beaucoup d'autres. Tous vont dans le même sens: "il faut renoncer à cette retraite chapeau". L'un de ses interlocuteurs explique que Philippe Varin trouve cette situation "injuste" mais il finit par comprendre, sans avoir à le forcer ou le menacer qu'elle est devenue intenable. Intenable vis-à-vis de l'opinion publique, mais aussi pour le camp patronal parce que cette nouvelle polémique relance l'idée, l'envie chez certains parlemantaires de la majorité de légiférer sur cette question du salaire des patrons. Il faut éviter ça. Autrement dit, Philippe Varin doit se sacrifier pour sauver le code bonne conduite mis en place par le Medef et l'AFEP. Sauver "l'autorégulation vigilente" prônée par Pierre Moscovici. A 17h30, le patron de PSA annonce, "face à l'émotion du pays, par respect pour les salariés du groupe", qu'il renonce aux "conditions actuelles" de ses droits à la retraite. L'affaire est close. Même si Philippe Varin ajoute qu'il s'en remet au Conseil de surveillance de PSA pour décider des conditions de son départ "le moment venu". Autrement dit quand la polémique sera totalement apaisée, et le contexte différent.

Fermées. Le Crédit Agricole va fermer une cinquantaine d'agences. Et c'est sans doute le début d'une tendance lourde qui va rattraper tous les réseaux bancaires. Parce que la banque en ligne se développe, la fréquentation des agences se réduit. Premier à agir, donc: le Crédit Agricole qui s'apprête à fermer (selon les Echos, ce matin) 50 de ses agences en Ile-de-France. Les succursales de moins de 6 salariés sont visées. Le plan ne s'accompagnera pas de suppression d'emplois, mais les employés devront accepter d'être transférés. 100 mille clients seront concernés.Récemment, la direction de BNP Paribas a présenté à ses salariés, un projet de remodelage de ses agences. Avec ce principe, nouveau: les clients fréquentant peu leur agence n'auront plus de conseiller dédié.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.