Souvenez-vous : dès la révélation de la perte de 600 millions d'euros sur les marchés (aujourd'hui, on parle de 750 millions), les dirigeants de la Caisse d'Epargne avaient immédiatement expliqué que leur mésaventure n'avait rien à voir avec "l'affaire Kerviel" et les "5 milliards perdus" de la Société Générale. "Pas de comparaison possible" disait le directeur général. "Pas de dissimulation. Pas de malversation" renchérissait son président. Les 2 hommes, depuis, ont été priés de quitter leurs fonctions. Et il semble qu'avec leurs départs, ce soit la stratégie judiciaire et la stratégie de communication qui soient remis en cause, les 2 étant intimement liées. La version officielle de la Caisse d'Epargne est simple, et tout à fait, recevable : l'enquête interne qu'elle a dilligentée révèle -comme elle le dit- des "éléments troublants" faisant penser à des abus de confiance. Le rapport a largement fuité : il met, en effet, en cause, un trader en particulier qui aurait outrepassé les règles, en engageant des sommes au-delà des plafonds autorisés. De plus, il aurait menti à ses supérieurs, qui, eux, n'auraient pas fait leur travail de contrôle. C'est cette version des faits qui, évidemment, nous ramène à l'affaire Kerviel. L'autre rapprochement : c'est la plainte au pénal, déposée par la Caisse d'Epargne, un recours qui s'explique mal. C'est une procédure longue, qui ne permettra pas de retrouver l'argent. Un expert en communication traduit : "l'Ecurueil, après avoir d'abord assumé, crie, finalement -comme la Société Générale en son temps- "au voleur". Et cherche, donc, à se dédouaner. On verra le résultat, mais c'est déjà peut-être trop tard - cela dit, là où la Générale a réussi son coup (médiatique): faire parler de "l'affaire Kerviel" (et non de l'affaire Société Générale), on ne parle, aujourd'hui, que de "l'affaire des Caisses d'Epargne". Son trader, lui, reste à ce stade, anonyme. Un "mini-plan" pour soutenir l'emploi. Nicolas Sarkozy va dévoiler, ce matin, une série de mesures pour soutenir l'emploi en France, alors que la récession s'installe. Il s'agira d'une relance des "emplois aidés". Les CTP, Contrats de Transition Professionnelle, seront, également, étendus : ils viennent en soutien aux licenciés économiques. Enfin -plus polémique- le Président devrait décider d'assouplir les règles permettant de recourrir aux CDD, dans les PME. Bientôt le crédit moins cher en Europe. Jean-Claude Trichet a jugé "possible", hier, une prochaine baisse du taux directeur de sa banque, la Banque Centrale Européenne. Les places boursières, toujours agitées. Et dans tous les sens ! Paris, hier, a reculé de presque 4%. Le Dow Jones a fait -2,42. Tokyo, ce matin, a termine en forte hausse : de plus de 6%.

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