Si tout se passe comme prévu, le changement annoncé à EDF sera bien plus qu'une passation de pouvoirs. On en saura plus dès ce soir puisqu'un autre Conseil d'administration est convoqué: cette fois-ci, celui de Veolia Environnement, présidé aujourd'hui par Henri Proglio. Et peut-être présidé demain, par le même Henri Proglio! L'homme a, semble-t-il, obtenu de cumuler les 2 fonctions. Concrêtement, en plus de sa casquette de PDG d'EDF, Henri Proglio (après un changement de statuts de Veolia) deviendrait président de son Conseil de surveillance. Un patron "non-exécutif", donc, mais qu'on imagine encore très actif, dans une entreprise qu'il dirige depuis plus de 10 ans et dans laquelle il a fait toute sa carrière. 36 ans de bons et loyaux services! Ce cumul des fonctions, c'est quelque chose d'extrêment rare. "Sauf erreur, jamais vu à l'étranger" selon un expert. On en compte 1, 2 ou 3 cas sensiblement proches en France, et en fait, un seul très similaire. Et vous allez voir, c'est une étrange coïncidence: c'est le cas de Gérard Mestrallet, qui est à la fois PDG de GDF Suez et président du Conseil d'administration de Suez Environnement! Mestrallet, patron exécutif d'un groupe énergétique, et patron non-exéutif d'un autre groupe spécialisé dans l'eau et les déchets: et bien, c'est exactement ce que souhaite devenir Henri Proglio, qui propose même qu'EDF devienne l'actionnaire de référence de Veolia. Derrière ces manoeuvres, il a une stratégie, évidemment: faire des 2 ensembles (GDF Suez, d'un côté, et de EDF Véolia, de l'autre) des champions de ce qu'on appelle les "utilities", les services de base: eau, propreté, transport et énergie. Il y a aussi le retour d'une très vieille rivalité: Suez, c'est l'héritière de de la Lyonnaise des eaux et Veolia, c'est le nom derrière lequel se cache la Générale des eaux. Ces noms ont disparu, emportés, au début des années 90, par les affaires de financement occulte des partis politiques, mais les entreprises sont, évidemment, toujours là, et s'apprètent donc à reprendre leur compétition dans un champ de bataille élargi. "Vous avez aimé le match Déjouany-Monod (les patrons "historiques" de la Générale et de la Lyonnaise)... vous allez adorer le combat Proglio-Mestrallet"! Il n'y aura jamais de "grand soir" de la dépense publique, en France! C'est Eric Woerth qui a lâché cette petite phrase, hier. Pour réduire le déficit colossal de l'Etat (140 milliards d'euros, cette année. 115, l'année prochaine), le ministre du budget ne voit pas d'autres façon que d'y aller progressivement, "sans politique de rigueur" jure-t-il. En contenant au maximum les dépenses de l'Etat, et en retrouvant une croissance soutenue, le déficit se réduira d'1 point par an. Pas plus, explique encore Eric Woerth qui "ajoute du déficit au déficit", puisqu'il a confirmé, également hier, les pertes attendues de la Sécurité sociale: 24 milliards, cette année. Et 30, en 2010! Une croissance positive. Sa collègue de l'Economie, Christine Lagarde, confirme elle que la France est bien -techniquement- sortie de la récession: après une croissance de 0,3% au 2ème trimestre, elle prévoit un 3ème trimstre, lui aussi, positif. Henri Proglio... futur patron d'EDF. C'est confirmé. Le Conseil d'administration a validé, hier soir, la première étape du processus devant le conduire à la tête du groupe électrique public. En lieu et place de Pierre Gadonneix.

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