C'était vendredi dernier, au siège du Medef, à Paris. C'est l'un des rituels de la rentrée: Laurence Parisot invite quelques journalistes à un petit-déjeuner de présentation du programme de son Université d'été: elle commence, aujourd'hui, à Jouy-en-Josas. Comme chaque fois, elle en profite pour donner le ton de la rentrée, côté patronal. Ca se passe, au 8ème étage du bâtiment avec vue parfaite sur les toits de Paris et la Tour Eiffel. Sans surprise, la présidente du Medef, en cette rentrée, se dit "inquiète". Les turbulences de la zone euro évidemment. Et la récession qui menace. "La crise a 5 ans, et nous sommes, toujours au bord d'un volcan en éruption" dit-elle. Elle réclame qu'on pousse un peu la climatisation et poursuit: "après la finance, c'est l'économie réelle qui vacille. Les PME, les TPE n'embauchent plus. Je m'inquiète pour l'emploi. Le retour "au pire des années 80" est possible", c'est-à-dire à un taux de chômage durablement au-dessus de 10%. Mais face à cette situation, autre chose l'inquiète: la politique du gouvernement. Et d'abord, ses projets fiscaux: la réforme de l'ISF, la taxation à 75% des revenus au dessus d'1 million, l'alignement de la fiscalité du capital, sur celle du travail. "J'ai expliqué au Président de la République que tout ça, ce sera de l'investissement en moins. Et donc des emplois en moins!". Quelqu'un se lève pour tenter de régler la clim'. François Hollande a-t-il entendu? "Oui, je crois que cet été, lui et le gouvernement ont compris, ont pris conscience dans quelle situation nous nous trouvons". Elle ne voit pas encore de traduction dans les actes (quelle est la stratégie?, demande-t-elle) mais Laurence Parisot est quand même contente de les entendre, enfin, parler de "compétitivité". Surtout après les crispations du mois de juillet. Il y a eu le "mini-clash", comme elle dit, de la Conférence sociale où elle n'avait pas apprécié le discours de clôture de Jean-Marc Ayrault. "On s'est expliqué, quelques jours plus tard à Matignon. Sans doute, l'un des entretiens les plus durs de ma vie" affirme-t-elle, alors qu'on se résoud à ouvrir la baie vitrée pour faire baisser la température. Et puis il y a eu les propos d'Arnaud Montebourg sur la famille Peugeot: "j'ai fait savoir au plus niveau de l'Etat que c'était innaceptable". Non sans effet. Le ministre du redressement productif a changé de ton, depuis. François Hollande, lui, est allé dans une usine dire "sa confiance à l'égard des entreprises". Le Président a également, reçu le CAC 40 à déjeuner. Et aujourd'hui, c'est le Premier ministre en personne -c'est une première!- qui prononcera le discours d'ouverture de l'université d'été du Medef.

L'Espagne inquiète toujours... La Catalogne, qui représente 20% du PIB espagnol, a fait savoir qu'elle avait besoin rapidement de 5 milliards d'euros. 5 milliards pour éviter la faillite. Le gouvernement espagnol, qui a créé un fonds de soutien à ses régions, devrait l'aider mais on se demande, du coup, si l'Europe ne va pas devoir aider, ensuite, l'Espagne toute entière. "Il n'y a aucune négociation en cours sur un plan d'aide" jure Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol.... comme le Livret A. A Paris, les critiques (encore) des banquiers contre le projet du gouvernement de relever le plafond du Livret A. Hier, le patron du Crédit Agricole a parlé d'un impact pour les banques de 8 à 10 milliards. 3 milliards pour sa propre banque. Autant d'argent, explique-t-il, qui ne financer pas l'économie: les entreprises ou les particuliers.

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