Etonnemment, ce ne sont pas les critiques sur la réforme des retraites (pourtant toute fraîche) qui ont réveillé les patrons, réunis, hier, à l'Université d'été du Medef, à Jouy-en-Josas, près de Paris. C'était en début d'après-midi. Ils étaient entasséss, sous la grande tente dressée, comme chaque année, sur le campus d'HEC. Il faisait chaud. On manquait un peu d'air. Beaucoup de patrons venaient de savourer une de ces glaces, distribuées gratuitement dans les allées. Pierre Gattaz, n'est pas un tribun, et, du coup, c'est sans réagir qu'ils ont écouté le président du Medef pilloner les mesures de Jean-Marc Ayrault. "Taxer n'est pas réformer. Surtaxer, c'est créer des chômeurs", a lâché Pierre Gattaz, ajoutant "tout le monde sait qu'on va devoir revenir sur cette réforme dans quelques mois. Sous 2 ans, sans doute". Se défendant de faire de la politique, le patron du Medef avait, un peu avant, ironisé sur le message gouvernemental du moment: "la croissance revient". "Qui, parmi vous, ose expliquer à ses actionnaires: tout va bien, notre chiffre d'affaires a progressé de 0,5% au dernier trimestre?". La salle ne bronche pas, et c'est finalement sur les impôts qu'elle se réveille. Pierre Gattaz demande 20 milliards par an, pendant 5 ans, de réduction de d'impôts et de charges sur les entreprises, "c'est 1,7% du budget de l'Etat, dit-il, "n'importe qui dans son entreprise ou dans son foyer est capable de réaliser une telle baisse". Il poursuit: "Supprimons des impôts symboles (...) supprimons l'ISF! Supprimons la taxe à 75%!". Les patrons se lâchent enfin, et applaudissent sans retenue et pour la première fois leur président. Ils le feront, une nouvelle fois, quand il réclamera la fin des 35 heures. Puis encore, debouts, à la toute fin de son discours, quand interpellant directement le gouvernement, Pierre Gattaz résumera ses demandes: moins d'impot, moins de charges, moins de contraintes administratives. Dans les tables rondes, qui ont suivi, sans surprise, ces éternelles revendications des patrons seront répétées à l'envi. Mais, avec souvent, exprimées, une volonté d'en découdre beaucoup plus forte que de Pierre Gattaz, pourtant élu, en vantant un "Medef de combat". Un patron suggérant une "grève de la TVA", en guise de rétorcion contre le gouvernement, a été très applaudi.

Un peu moins. A son tour, Bernard Cazeneuve joue sur les mots. Le ministre du budget accorde une interview aux Echos, ce matin... et, comme le Premier ministre, mardi soir, il confirme: "il y aura une quasi-stabilisation" des prélèvements obligatoires, l'année prochaine. Une "quasi-stabilisation"... on peut le dire autrement: "les impôts, en 2014, vont continuer à augmenter, mais pas trop". La hausse globale des impôts, taxes et prélèvements sera inférieure à 0,3%, précise Bernard Cazeneuve.Un peu plus. Le rebond des embauches en juillet: +3,6%. Sur un an, les recrutements en CDI ou en CDD de plus d'un mois, s'inscrivent toujours en recul.Pas cosmétique. Vers un divorce entre l'Oréal et Nestlé? Peut-être. Hier, le patron de Nestlé, le 2ème actionnaire de l'Oréal, a annoncé qu'il ne reconduira pas l'année prochaine, le pacte qui le lie avec la famille Bettencourt, un droit préemption. Cet Accord les oblige à vendre, prioritairement à l'autre, leurs parts dans l'Oréal (si l'idée leur venait de se désengager). La fin de ce pacte pourrait provoquer, dans les prochains mois, des remous autour du capital de l'Oréal.

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