Vous ne le vivez certainement pas comme un "suspens intenable" mais on arrive au terme, ces jours-ci, du délai fixé par François Fillon, au Medef, pour qu'il mette en place un "Comité des Sages" sur la rémunération des patrons. Le Premier ministre a donné jusqu'à la fin avril (demain, donc) pour que ce Comité voit le jour, avec cette mission précise : veiller, dès sa mise en place, à ce que les dirigeants des entreprises qui licencient massivement, ou qui ont recours au chômage partiel, réduisent, parallèlement, leur propre rémunération. Laurence Parisot était très réticente à l'idée. Elle a dû s'y rallier. Le Comité exécutif du Médef a entériné le principe, début avril, mais depuis, rien : on attend toujours ! Et on dit, maintenant, que l'annonce de la création de ce Comité des Sages pourrait être finalement reportée à la semaine prochaine. Ce qui bloque, c'est ni plus ni moins la définition des missions mêmes de ce futur Comité (autorité morale ou conseil de discipline ?) et (ça en découle) sa composition : faut-il que des personnalités "extérieures" en fassent partie ? Deux personnes, clairement, sont à la manoeuvre : Laurence Parisot, pour le Medef et Jean-Martin Foltz, le président de l'AFEP, une organisation patronale, peu connue du grand public, mais qui regroupe les patrons des plus grandes entreprises françaises. Ces deux là ont cosigné un "Code de déontologie" qui vise à "moraliser" le système de rémunération des patrons. L'affaire des stock-options de la Société Générale a montré qu'ils n'en faisaient pas la même interprétation (Foltz, dans une autre fonction, les a attribués. Laurence Parisot les a critiqués). Et aujourd"hui, le premier refuse de donner trop de pouvoir au futur Comité. Mais, dans ce dialogue, une troisième personne s'est immiscée : c'est Sophie de Menthon. Elle ne représente quasiment qu'elle-même, mais la présidente de l'Association patronale Ethic, joue les trublions. Elle a claqué la porte d'une Commission du Medef, demande à ses deux collègues une véritable prise de conscience sur cette question du salaire des patrons, la fin de la culture du silence sur ces questions d'argent. Elle souhaite que le futur Comité puisse aller jusqu'à délivrer un blâme public au patron qui dérape. Elle fait du bruit donc. Mais a peu de chance d'être entendue. Le président de la Société Générale démissionne. Daniel Bouton l'annonce dans "Le Figaro" de ce matin. Il part, dit-il, pour "protéger sa banque". "Les critiques dont je suis la cible me sont devenues "insupportables" dit-il également. "Et il faut que la Générale retrouve la sérénité". Daniel Bouton, très critiqué depuis l'affaire Kerviel, depuis plus d'un an, reconnaît certaines "erreurs", certaines "maladresses", notamment d'avoir accepté, récemment, l'attribution de stock-options, avant de devoir y renoncer face au tollé. Daniel Bouton affirme partir sans aucune indemnité de départ. C'est la semaine prochaine que le Conseil d'administration de Société Générale désignera son successeur. Sale quart-heure hier pour les dirigeants de Carrefour. C'était à l'occasion de l'Assemblée générale des actionnaires du groupe. Les petits porteurs se sont fait entendre. Ont beaucoup critiqué la stratégie des patrons. Pour calmer les esprits, les deux résolutions qui proposaient le versement de stock-options et d'actions gratuites aux dirigeants du groupe, ont été retirées du vote des actionnaires. Un marché "géant" s'ouvre. Nicolas Sarkozy doit annoncer aujourd'hui 35 milliards d'euros d'investissements dans les transports d'Ile-de-France. Douze ans de travaux, au minimum.

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