Son slogan, en anglais, peut faire sourire: "the world-famous french disc". "Le disque français de renommée mondiale" (ça "claque" moins bien en français). Il ne s'agit pas de musique mais d'industrie. Le patron de l'entreprise qui vante ainsi, sur internet son produit (textes, photos et vidéos à l'appui) se justifie immédiatement: "allez au Laos, au Chili, en Allemagne, vous verrez: notre disque est vraiment une référence mondiale!". Laurent Pineda dirige les "Forges de Niaux", en Ariège. "Perdu en Ariège" est-on tenté de dire, dans une petite vallée. Il le reconnaît volontiers mais précise: "l'entreprise a 400 ans d'existence" quand même, et une "proximité" avec Barcelone, le port d'où est expédiée une bonne partie de sa production pour ce spécialiste mondial du disque pour machines agricoles. Un marché "de niche", mais un leader européen, qui exporte 70% de sa production. En Allemagne beaucoup. Mais presque autant en Asie. Et puis encore au Maghreb, en Océanie, en Amérique du Sud: au total, dans 65 pays! Les "Forges de Niaux", c'est une "réussite" française que s'apprêtent à visiter, aujourd'hui, Jean-Marc Ayrault et 4 de ses ministres. Pas moins. Laurent Pineda ne sait pas dire pourquoi exactement c'est son usine qui a été choisie mais en l'écoutant raconter son entreprise, on comprend vite: il colle parfaitement au discours ambiant sur le salut de notre économie, qui passe par "l'excellence, l'innovation et l'audace". Les Forge de Niaux, aujourd'hui, commercialise un disque pour machines agricoles unique (je vous passe les détails), résultat d'un long travail de recherche, d'un lourd investissement qui paie aujourd'hui. Les ventes explosent, et l'entreprise s'apprête à construire un 2ème site de production, non loin. 120 salariés aujourd'hui. 200, bientôt. Le patron, face au Premier ministre tout à l'heure, n'aura pas, dit-il, une longue liste de sollicitations, de requêtes ou de récriminations à lui transmettre. Non. Il est simplement ravi que le gouvernement "s'intéresse aussi à ce qui marche" dit-il jugeant, au passage sa politique. Le crédit d'impôt compétitivité, explique-t-il, va lui faire économiser 110 mille euros de charges. "C'est bien, mais ça vient après des hausses d'impôts. Et ce n'est pas ça qui motive mes investissements et les embauches". La nouvelle Banque Publique d'Investissement? Il demande à voir, mais surtout ce qu'il va demander au premier ministre, c'est de la clareté dans la politique suivie: "avec mon nouveau disque, j'ai peut-être 6/7 ans d'avance technologique sur mes concurrents, mais je pense déjà au cycle d'après. Comment me renouveler pour rester compétitif. C'est maintenant que ça se joue!".

Austérité. 15 mille postes de fonctionnaires vont être supprimés en Grèce. C'est la dernière demande des bailleurs de fonds du pays (la "troïka": FMI, Union européenne et Banque Centrale Euopéenne). Ils ont exigé, en échange d'une nouvelle tranche d'aide, une vaste restructuration de la fonction publique grecque. Elle a été adoptée, hier soir. D'ici à fin 2014, 15 mille postes de fonctionnaires vont disparaître. 4 mille, dès cette année. Le Parlement grec, hier soir, a ausi voté une baisse du salaire minimum: de 580 euros par mois aujourd'hui, à 490.180°. François Hollande rétropédale et allège de la taxation des plus-values de cessions d'entreprises. Elle avait beauucoup fâché à l'automne dernier, le mouvement des "pigeons". Le Chef de l'Etat doit prononcer, en fin de journée, un discours pour "promouvoir l'esprit d'entreprise".

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.