"Qu'est-ce que t'as eu à Noël?"... "Est-ce que tu as été gâté?"... pour tous ceux qui ont repris le travail hier, ce sont des questions qu'on s'est évidemment posées, entre collègues ou entre amis... eh bien, ce matin, le journal "Les Echos" nous révèle ce que notre ministre du Budget a trouvé sous son sapin, à Bercy. Une enveloppe de quelques 2 milliards d'euros... en fait: une rentrée inespérée d'impôt sur les sociétés. Au regard de la dépense publique... au regard surtout de l'immense déficit de cette année (141 milliards), c'est évidemment rien du tout. Sauf que c'est la première fois depuis des mois.. depuis le début de la crise... que Bercy constate des rentrées fiscales plus importantes que prévues. Tout au long de cette année, c'était systématiquement l'inverse: le ministère du budget révisait, sans cesse, à la baisse, le montant de ses recettes. Là, ce sont, donc, 2 milliards d'euros de pluss qu'Eric Woerth trouve dans les caisses de l'Etat. D'où viennent-ils? Des accomptes d'impôts sur les sociétés que paient, chaque année à la mi-décembre, les entreprises qui réalisent un chiffre d'affaires de plus de 500 millions d'euros. Elles n'ont pas encore, évidemment, bouclé leur exercice comptable 2009 (c'est pour mars), mais elles savent, évidemment déjà, à ce stade, où elles vont: si elles feront mieux, ou moins bien que l'année dernière. Si c'est mieux: elles sont priées de verser, tout de suite, le surplus d'impôt à l'Etat. C'est ce surplus, qui, au total, atteint 2 milliards d'euros, selon "Les Echos", ce matin. Sans surprise, le secteur financier est le principal contributeur. Les banques -mal en point, fin 2008- ont renoué, cette année, avec les bénéfices (imposants): elles ont donc versé un accompte d'impôt plus élevé. Résultat: là, où Bercy attendait 19 milliards d'euros de recettes, il devrait en trouver 21. Pas de quoi pavoiser: c'est 28 milliards de moins qu'en 2008. Et si on prend l'ensemble des recettes fiscales de l'Etat... tous les impôts (sur le revenu, les sopciétés), toutes les taxes, la TVA... on s'aperçoit qu'on est revenu au niveau de 1996. Un bond de 13 ans en arrière! La bourse s'offre une fin d'année quasi-euphorique! En Europe comme aux Etats-Unis, les indices boursiers sont au plus haut. Proches de leurs records de l'année. Hier soir, Wall Street a terminé en lègère hausse, rassuré par la publication de bons chiffres concernant la consommation: les ventes de Noël, aux Etats-Unis, surveillées comme un "test grandeur nature" de la reprise économique, là-bas, ont progressé de 3,6%. La bourse de Paris, également hier, a terminé en hausse. Lègère. Le CAC 40 se rapproche des 4 mille points. Après l'échec des Français aux Emirats arabes unis, seul Areva a payé, hier, ce méchant revers pour la filière nucléaire française: un recul de 1,8%. A l'inverse, EDF, GDF Suez, Total et Alstom ont progressé. "Comme si de rien n'était", autrement dit. "2010, l'année des conflits dans le secteur public". C'est François Chérèque qui le prédit. Selon le secrétaire général de la CFDT, les fonctionnaires se plaignent de plus en plus des conséquences dans l'organisation de leur travail, des "coupes budgétaires" décidées par le gouvernement. Notamment le non-remplacement d'un départ à la retraite sur 2. François Chérèque parle d'un "syndrôme France Télécom", dans les différentes fonctions publiques.

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