Pétroplus est Suisse, il fait du pétrole, raffine en France et perd de l'argent. Les banques ne veulent même plus lui prêter, au point que l'Etat est appelé à la rescousse pour secouer nos banquiers.

Mais comment se fait-il que les pétroliers, qui raffinent en France, ne gagnent pas d'argent, en perdent même ? Et ce, alors que les prix des carburants que l'on paye à la pompe n'ont jamais été aussi chers, 2011 est une année record.

Tout d'abord, il faut faire un constat simple : les pétroliers se désengagent du secteur de la raffinerie - pas qu'en France, d'ailleurs, en Europe - Shell, Chevron, BP vendent à tour de bras. Et ceux qui ont racheté, Pétroplus notamment, ferment ou revendent. Même le français Total a fermé Dunkerque. Résultat : il y avait 22 raffineries en France il y a 30 ans, l'an prochain il n'y en aura pas plus de 10. La raison principale de ces fermetures est le manque de rentabilité du raffinage, les marges sont quasi-inexistantes selon les pétroliers. Mais pour une bonne raison : nos voitures roulent pour la plupart au gazole alors que nos raffineries produisent avant tout de l'essence. Et nos raffineries n'ont pas pour autant changer leurs modèles, elles continuent à produire de l'essence qu'elles doivent absolument vendre ailleurs. Mais comme elles produisent trop, certains groupes ferment tout simplement.

Quant au gazole elles préfèrent l'importer. Les pétroliers vont même jusqu'à investir à l'étranger et construisent des raffineries à la source au Moyen-Orient, par exemple, ou en Chine là où se trouve la demande ; là où la main d'œuvre est moins chère et les normes environnementales (couteuses en France) moins strictes. Conséquence de ces délocalisations et de ces désengagements dans le secteur de la raffinerie, les groupes pétroliers ne rapportent pas grand chose aux caisses de l'Etat. Total paie des taxes diverses et variées, sur les dividendes, notamment, la taxe professionnelle, foncière, bien sûr, soit l'équivalent de 800 millions d'euros en 2010. Mais Total - qui paie beaucoup d'impôts à l'étranger - ne paie pas d'impôts sur les sociétés en France car le groupe est déficitaire avec ses raffineries sur le territoire, il a perdu l'an dernier 600 millions d'euros.

La monnaie unique au plus bas depuis près d'un an.

L'euro est passé hier sous la barre d'1 dollar 30. Toujours inquiets pour la zone euro, les investisseurs se réfugient dans le dollar et le yen.

Et pourtant la Banque Centrale Européenne ne cesse de prêter de l'argent pas cher. Mais cet argent revient dans ses coffres avec un 2e record en 2 jours, hier les banques ont placé encore plus d'argent que la veille à la BCE. La défiance est bien là, les banques stockent, ne se prêtent pas et donc financent moins l'économie alors que c'était l'objectif de la BCE.

Petite lueur d'espoir, tout de même, l'Italie a emprunté, hier, sur les marchés, deux fois moins cher que le mois dernier. Sauf que l'emprunt court sur six petits mois. C'est aujourd'hui que l'on sera rassuré ou pas car l'Italie va de nouveau emprunter mais à moyen et long terme.

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