Comment sortir le mieux possible (le "moins mal possible", si j'ose dire) de cette crise ? C'est bien la question qui domine, en ce moment. C'est tout l'enjeu du "grand emprunt" de Nicolas Sarkozy. Et c'est encore la préoccupation du gouvernement quand il réfléchit à l'avenir de l'un des secteurs les plus touchés par cette crise : le secteur automobile. Pour lui, la question finalement peut se résumer de cette façon : faut-il, oui ou non, prolonger la "prime à la casse"? Elle constitue le contre-feu principal, mis en place par le gouvernement, après le déclenchement de la crise, à l'automne dernier. Huit autres pays de l'Union européenne, ont instauré un système similaire. Avec un résultat positif, selon les constructeurs. PSA Peugeot Citroën, par exemple, qui anticipait une baisse de 20% de ses ventes, pour cette année, affirme, désormais, qu'elle sera limitée à 12%. Alors on est toujours dans le "rouge" mais ce sont, quand même, 8 points de pourcentage qui font une sacrée différence. Pour l'emploi notamment (chez les constructeurs). Du coup, ce que craignent maintenant les constructeurs, c'est un arrêt brutal de cette prime à la casse, en France, mais aussi en Europe. "Les Echos", ce matin, expliquent, du coup, que Patrick Devedjian, le ministre de la relance, sera à Bruxelles jeudi, pour défendre une solution "coordonnée". En France, on se souvient de 2 précédents "douloureux": quand la Baladurette (en 94), puis la Jupette (en 96) avaient pris fin, les ventes s'étaient effondrées. Pour la "Sarkozette" (comme personne ne l'a jamais appelée, d'ailleurs), l'effet sur les ventes est bien réel. Plus de 200 000 voitures neuves ont été vendues, avec cette prime, depuis décembre dernier. A la fin de l'année (la fin du dispositif est programmée pour le 31 décembre), par extrapolation, on peut penser qu'on arrivera au double, ou presque. L'effet précis sur l'emploi, cela dit, est plus compliqué à évaluer. On le sait : la prime à la casse (couplée au bonus écologique) bénéficie surtout aux modèles d'entrée de gammes, les moins chers et donc souvent sortis des chaînes de production étrangères. D'Europe de l'Est, par exemple. Une récente étude indépendante s'est montrée, du coup, beaucoup plus nuancée que le gouvernement : les sous-traitants auto subiraient, eux, bel et bien et de plein fouet, la baisse de la production de voitures en France. Evidemment, l'écueil est là : il ne faudra pas que, faute de coordination européenne, l'éventuel prolongement de la prime à la casse serve, au final, à sauvegarder des emplois ailleurs qu'en France. Le "grand emprunt" national sera lancé début 2010. Précision de François Fillon, hier, qui lance une consultation de 3 mois pour en définir les contours. Il n'avance aucun montant, mais confirme que les Français seront bien sollicités. Comme les marchés financiers. Le Premier ministre précise que ce grand emprunt ce n'est pas une "solution miracle". Ce n'est pas, non plus, un 2ème plan de relance. Il ne servira qu'à financer des dépenses dites "d'avenir" (et pas les dépenses de fonctionnement). Enfin, les réformes pour réduire les déficits structurels vont se poursuivre. Pour les retraites notamment, François Fillon estime qu'il n'y a pas d'autre solution que "travailler plus longtemps". Madoff fixé sur son sort, aujourd'hui. Il est l'auteur de l'une des plus grandes escroquerie de tous les temps -entre 50 et 65 milliards de dollars partis en fumée-, il sera fixé sur son sort, aujourd'hui. Le ministère public américain a requis 150 ans de prison. Le FMI confirme. La France va devoir attendre 2010 pour renouer avec la croissance économique. Et la reprise sera lente. Seule consolation : pour le FMI, la France a surmonté la crise mieux que la plupart des autres grandes économies.

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