Il ne sont pas très nombreux dans le monde, a avoir ce statut, ce statut de "grand gourou" de l'économie, et de l'entreprise. Un "grand sage" qu'on vient consulter régulièrement, et auprès de qui on vient recueillir la bonne parole. Il y a Steve Jobs, le patron d'Apple, Bill Gates, celui de Microsoft, ou encore Ingvar Komprad, le créateur d'Ikéa. Il y en a d'autres. Il y avait aussi Nicolas Hayek, le fondateur de Swatch. A l'âge de 82 ans, il est mort, hier. Emporté par une crise cardiaque. Nicolas Hayek, depuis les années 80, est présenté comme le sauveur de l'industrie horlogère suisse. A cette époque, elle laminée par la concurrence japonaise: Hayek, alors consultant, va la relancer, en partant de cette idée: pour survivre, l'industrie suisse ne doit pas se contenter de vendre des montres de luxe (ce qu'elle fait très bien), elle doit aussi s'imposer sur le créneau des montres "pas chères". Il va, alors, exploiter un processus technique qui permet de fabriquer des montres au mécanisme simplifié: ce qui permet d'abaisser, massivement, ses coûts de production et de redevenir compétitif. Le marketting, évidemment, fera le reste. Depuis cette date, 400 millions de petites montres Swatch ont été vendues, à travers le monde. C'est ce succès, évidemment, qui a transformé Nicolas Hayek en "grand gourou planétaire", qui vante, sur tous les tons, les vertus de l'entreprise. Et, surtout, de l'entrepreneur, cette "race" d'hommes rares. Des "artistes", dit-il dans un autoportait flatteur, qui n'ont pas l'argent comme moteur (c'est plus facile à dire quand on est devenu milliardaire) mais qui cherchent, avant tout, à crééer des choses, à surmonter les obstacles. L'entrepreneur, disait-il, c'est un homme "qui croit encore au Père Noël", c'est quelqu'un qui n'a pas perdu l'esprit de ses 6 ans, cette fantaisie que l'école, l'armée, l'université, l'administration, l'entreprise tuent, petit à petit, chez chacun d'entre nous. L'entrepreneur, c'est quelqu'un qui a su conserver sa "fantaisie originelle". Ce qui tue, aussi aujourd'hui, l'entreprise, ce sont les managers. "L'esprit d'entreprise est mort avec les Business schools", disait-il encore. Dans l'une de ses dernière interview, accordée en France (c'était aux Echos, en avril dernier): il expliquait comment il surmontait la crise. "J'ai d'abord promis à mes salariés de ne renvoyer personne"! "Supprimer des emplois, c'est la dernière des solutions à faire", affirmait-il, avant de faire la leçon aux "managers" (encore eux!) des grandes boîtes industrielles, comme les constructeurs automobile: "c'est par la réduction des coûts de production, (le matériel, la logistique les rebuts), c'est par là qu'on peut faire des économies. C'est infiniment plus efficace que de licencier!". BP est plus que jamais "enlisée" dans la marée noire du Golfe du Mexique. BP dépense, désormais, 4 millions de dollars par heure dans les opérations de nettoyage, dans ses tentatives pour stopper la fuite ou encore dans le versement d'indemnités aux victimes (plus de 40.000 plaignants, à ce stade). A la bourse, BP a perdu la moitié de sa valeur depuis la catastrophe: 100 milliards de dollars, en 2 mois. W. L'économie mondiale, sous la menace d'une nouvelle récession, d'une rechute de l'activité (le "scénario en W", tant redouté): c'est la Banque des réglements internationaux, qui l'affirme. "Le système financier reste très vulnérable. Et les banques sont encore trop sous perfusion des aides des Etats", estime la BRI. Rigueur, rigueur... Avant la rigueur pour tous (ça, c'est pour la semaine prochaine, avec l'annonce des premières décisions budgétaires pour 2011), la rigueur pour les ministres, les ministères, l'administration et les fonctionnaires: Nicolas Sarkozy a décrêté, hier soir, une nouvelle réduction du train de vie de l'Etat. En cette période de scandales et de polémiques, le Président de la République met aussi en avant ce qu'il appelle un "impératif moral".

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