Le communiqué officiel de Vivendi, hier soir, n'a pas cherché à cacher les choses. C'est bien en raison d'une "divergence sur l'évolution stratégique du groupe" (ce sont ses termes précis) que Jean-Bernard Lévy quitte son poste de président du Directoire de Vivendi. Divergence stratégique. La nouvelle avait filtrée, dès le début d'après-midi, et la bourse a adoré: le titre Vivendi a bondi de plus de 5%! Ca doit faire bizzare quand même: être viré, ou être obligé de partir, et voir tout le monde sabrer le champagne. Les salariés, victimes de licenciements boursiers, comprendront. A la bourse en tout cas, on explique volontiers cet enthousiasme: le départ de Jean-Bernard Lévy, c'est le signe que les décisions importantes ne vont plus tarder. Enfin! Parce que Vivendi, c'est l'un des grands malades du CAC 40. Le titre ne cesse de reculer. Il a perdu la moitié de sa valeur depuis 5 ans. 16% encore, depuis le début de l'année. Et si compare avec les années flamboyantes -periode "Jean-Marie Messier" (et même si on sait comment elles ont fini), Vivendi n'est plus que l'ombre d'elle-même, à la bourse: 14/15 euros. Contre 140 euros, atteints en 2000. Sur le plan économique, Vivendi ne pas si mal. Il y a 10 ans exactement, quand Jean-Marie Messier a dû quitter le navire, l'entreprise était en quasi-faillite. Aujourd'hui, elle reste largement bénéficaire. En son sein, on trouve de vraies pépites: sa filile de jeux vidéo, ou encore GVT, l'opérateur télécoms brésilien. Mais voilà, son avenir inquiète: sa filiale SFR est bousculée par l'arrivée de Free. Canal+ voit, de la même façon, sa situation très favorable dans la télé payante, être bousculée par un nouvel entrant, le Qatar et ses chaînes sportives. Du coup, la bourse s'inquiète. Les investisseurs fuient, et font payer à Vivendi ce qu'on appelle une "décote de holding": le total vaut moins que la somme de ses parties. La bourse réclame, donc, un démentèlement du groupe. En 2, en 3 morceaux. Qu'importe. Le départ de Jean-Bernard Lévy signifie que la décision est prise. Et que Jean-René Fourtou, le président du Conseil de surveillance de Vivendi l'a emporté. Lui aussi, comme la bourse, réclame, depuis quelques temps, un dépeçage du groupe. Le fait qu'il possède, à titre personnel, presque 800 mille actions Vivendi ne doit pas être étranger à cette décision.

Elle arrive! On commence avec la rigueur de gauche. Elle est confirmée. Matignon a dévoilé, hier soir, la teneur des lettres de cadrage budgétaire envoyées aux ministres. Comme prévu, ce sera très dur. A l'exception de l'Education, de la Police, de la Gendarmerie et de la Justice où il y aura plus de 60 mille embauches, les effectifs de la fonction publique vont baisser de 2,5%, par an, à partir de l'année prochaine. Pour les syndicats, cela signifie que dans certaines administrations, on sera bien au-delà du non-remplacement d'un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite. On sera à 2 sur 3, voire 4 sur 5. Les crédits de fonctionnement vont, eux aussi, baisser. Même chose pour les crédits d'intervention, c'est-à-dire les aides et subventions distribuées. A Bercy, on promet que les dépenses sociales ne sont pas touchées.Elle arrive? A Bruxelles, le "pacte de croissance" a été validé, cette nuit, au Sommet. Non sans mal. 120 à 130 milliards d'euros vont être, consacrés à la relance, à l'échelle de l'Europe. Le principe d'une supervision européenne des banques a, également, été actée.

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