"Apprendre de ses erreurs": forcément (et c'est, sûrement, fait exprès d'ailleurs, le plaisir du double sens), on a d'abord pensé à ses histoires personnelles (le Sofitel, le Carlton...), mais non, c'est de la Grèce que Dominique Strauss-Khan veut parler aujourd'hui. Un nouveau message, déposé, hier, sur Twitter. D'abord, en anglais, puis en français. Quelques mots, "apprendre de ses erreurs". Le lien renvoit à texte de 3 pages, dans lequel l'ancien patron du FMI revisite ces années de crise grecque, et propose ses solutions pour en sortir. Alors au delà de l'opération "réhabilitation publique", que dit-il? Qu'on s'y est mal très mal pris dans ce dossier grec. Y compris le FMI. Y compris le FMI qu'il dirigeait encore ("je suis prêt à prendre ma part de responsabilité" écrit-il, double sens, encore peur-être). On a perdu du temps, explique Dominique Strauss-Khan, notamment en repoussant, toujours à plus tard, la restructuration de la dette de la Grèce. Son diagnostic: le FMI et tous les acteurs du dossier n'ont pas vu à quelle point les institutions grecques sont faibles (incapables, notamment, de lever l'impôt), et à quel point cette crise trouvait aussi sa source dans les failles de la construction européenne (pas de politique budgétaire, pas de régulation bancaire). Résultat: c'est sur le peuple grec qu'on a fait reposer tous les efforts. Aujourd'hui, selon DSK, il faut, donc, "prendre une direction radicalement différente". "Demander plus aux Grecs, ce serait "irresponsable", mais, on ne peut pas, non plus, leurs fournir plus d'aide: ce serait "inepte", l'argent ne servant qu'à rembourser les créanciers". Sa solution, du coup: (1) que le FMI accepte de repousser, de 2 ans, les échénaces prévues, (2) que les Européens effacent une partie de la dette grecque, ou l'étale (on y vient enfin!), (3) qu'on n'accorde plus aucune aide nouvelle aux Grecs (seul est maintenu le soutien de la BCE aux banques). La Grèce, au final, resterait sous forte contrainte budgétaire (elle n'aurait plus de remboursement immédiat, n'aurait toujours pas accès aux marchés) mais elle retrouverait sa souveraineté. A elle seule, de prendre les décisions qui s'imposent, sans "troïka", ni "institutions". Une solution économiquement et politiquement viable. "Je veux conjurer mes amis et anciens collègues de ne pas perdurer dans une voie qui me paraît être une impasse", conclut Dominique Strauss-Khan.

Reculs. La crise grecque fait reculer les places boursières asiatiques. Rien de surprenant, évidemment: c'est une réaction logique et mécanique. Les reculs se creusent depuis quelques minutes... -5% à la bourse de Shanghaï, par exemple. A Tokyo, les investisseurs s'inquiètent surtout de la baisse de l'euro, qui, par ricochet, fait remonter le yen, et donc fragilisent les entreprises japonaises qui exportent. Pour le reste de la journée, en Europe, on s'attend également à une journée difficile, mais surtout sur le marché des dettes souveraines. On craint une envolée des taux d'intérêt.

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